Pratiquer le conseil en stratégie aujourd’hui, c’est notamment aider le dirigeant qui s’interroge face aux technologies de rupture : quelle est la prochaine innovation de rupture qui va bouleverser mon métier ? Quelle tendance technologique dois-je prendre en compte pour faire évoluer mon entreprise ?

Pour alimenter les séminaires de réflexion stratégiques de nos clients, nous avons mené une étude sur la Révolution Industrielle Numérique, qui portait, entre autres choses, sur ces questions.

 

Notre premier postulat est que le carburant de la Révolution Industrielle Numérique vient des outils et des réseaux plus puissants, tirés désormais par l’industrie grand public. La fameuse « loi de Moore » décrivait indirectement le caractère exponentiel de l’augmentation de la puissance à taille de machine (et donc à prix) égale. Le débit des réseaux télécoms a suivi la même trajectoire, que ce soit au niveau des câbles, ou de la téléphonie mobile (3G, 4G, et bientôt 5G). En parallèle, les standards de l’internet se sont imposés et ont permis l’accélération du progrès par l’interconnexion des outils informatiques.

Sur cette base, nous avons observé 6 tendances technologiques, ou concepts technologiques, qui percent actuellement dans les entreprises, et qui doivent être pris en compte.

Transformation digitale :

C’est probablement le concept le plus flou, même si c’est le plus répandu. En effet, cet anglicisme à la mode chez les consultants et chez les cadres dirigeants est souvent moins bien connu des équipes plus opérationnelles. Et il couvre des projets de natures très différentes dans les entreprises. En synthèse, on peut dire qu’il s’agit de tirer parti du potentiel des nouvelles technologies en faisant avancer (idéalement de front même si ce n’est pas toujours le cas) des évolutions des offres, du marketing, de la communication, de l’organisation opérationnelle, et des compétences.

Big Data :

Les entreprises savent désormais que les volumes de données explosent dans le monde en général et dans leurs systèmes internes en particulier. En 2014, il s’est créé autant de données que sur toutes les années précédentes depuis l’apparition de l’humanité. Les fameux 3V inventés par Meta Group en 2011 (plus de Volume, plus de Variété, plus grande Vitesse de traitement) sont plus que jamais d’actualité. Nous estimons que 20 à 25% des salariés français sont confrontés à des projets visant à tirer parti du potentiel des données et que cette proportion va augmenter drastiquement dans les années à venir. Cela va d’ailleurs entraîner l’augmentation des besoins en termes de compétences nouvelles (Data scientists, architectes informatiques spécialisés sur les technologies big data, etc…)

Objets connectés :

Ce concept apparaît comme le plus concret pour Monsieur-Tout-le-monde car notre vie quotidienne a déjà commencé à être envahie d’objets connectés : montres, bracelets pour les mesures de santé, capteurs domotiques dans nos habitats, etc… Plus généralement, des capteurs vont progressivement envahir nos maisons, nos villes, nos moyens de transport. Face aux enjeux portés par la transition écologique et l’urbanisation massive dans le monde, l’immeuble intelligent et la Smart city (ville intelligente) sont devenus des sujets majeurs de transformation. Tous ces objets, en devenant « intelligents », vont entretenir des dialogues de machine à machine et être les premiers producteurs des données évoquées dans le Big Data.

L’intelligence artificielle et le machine learning :

Lorsqu’on devient capable de stocker des milliards de données, d’effectuer des calculs très complexes en quelques millisecondes, selon des algorithmes paramétrés par des Data Scientists, on n’est déjà plus très loin de l’intelligence artificielle. Le principal facteur de renouveau des recherches sur l’intelligence artificielle ces dernières années vient des machines apprenantes : les programmes collectent des données unitaires et après quelques semaines d’essais-erreurs, deviennent capables de « prédire » la bonne attitude ou la bonne réponse selon le défi qui lui est posé (reconnaître une image, prédire la météo, prédire le comportement d’achat ou de résiliation d’un client en fonction de quelques caractéristiques, etc…). Les limites aux applications en entreprise de ces nouvelles possibilités semblent désormais résider uniquement dans l’imagination des utilisateurs.

Automatisation des tâches :

Si les robots ont depuis longtemps envahi les industries manufacturières, il y a désormais des gisements de tâches automatisables dans tous les processus. Les activités les plus inattendues voient des emplois remplacés par la machine : restauration avec les commandes sur tablettes, 1ers niveaux des centres d’appels pris en charge par des programmes d’intelligence artificielle, automates capables de rédiger des articles à la place des journalistes (voir les contenus financiers produits par l’Associated Press), outils d’aide au diagnostic dans la médecine… Sommes-nous en train de vivre la fin du travail ou simplement le classique déplacement vers des activités à plus forte valeur ajoutée ? L’avenir le dira.

Blockchain

Cette technologie de registre décentralisé a été créée par l’inventeur de la monnaie bitcoin mais trouve aujourd’hui de nombreuses applications (transferts d’actifs, registres, « smart contracts »). Le concept de « Blockchain » est relativement récent à l’échelle de l’histoire de l’informatique, mais il commence à faire l’objet de nombreux articles dans la presse spécialisée et même dans la presse grand public. Et nous avons été relativement surpris en menant notre étude de voir que déjà plus de 40% des profils cadres supérieurs connaissent déjà ce concept, et anticipent son utilité pour leur entreprise. Cela nous semble révéler en soi la solidité de cette tendance. Ces bases de données sécurisées et distribuées, partagées par les différents utilisateurs, promettant des applications mieux sécurisées, et ne nécessitant plus d’intermédiaires centralisés, vont trouver de plus en plus d’applications concrètes.

 

Pour recevoir notre étude détaillée sur la Révolution Industrielle Numérique, qui aborde les tendances technologiques mais également les nouveaux comportements des clients et les nouveaux modes d’organisation, vous pouvez en faire la demande.