Le Conseil 2.0

Cet article est issu du dossier Conseil de la Revue des Ingénieurs des Mines de Paris, Saint-Etienne et Nancy, n° 463 de Septembre-Octobre 2012, dossier dirigé par Philippe Kalousdian, Associé d’ISlean consulting

Cette réflexion autour du « Conseil 2.0 » a germé lors du déjeuner mensuel de networking de X-Mines Consult. Alors que je prends la parole en fin du tour de table, dans une salle cossue de l’excellent restaurant Le Poulpry de la Maison des X, j’évoque la responsabilité que j’ai prise pour le dossier conseil de la revue des ingénieurs de l’automne 2012.

Or, le tour de table – nous étions une douzaine – a régulièrement fait apparaître une nouvelle dimension dans le conseil : maintenant, grâce aux nouvelles technologies telles que les systèmes de collaboration et de partage de fichier en Cloud Computing, les réseaux sociaux, notamment, des consultants indépendants sont capables de faire des offres et de réaliser des missions, jusque là exclusivement réservées à de grandes boutiques, du fait de la quantité de compétences à mobiliser et de l’ampleur des moyens à mettre en œuvre.

C’est Philippe Gendreau, auteur dans ce dossier, qui a relevé l’idée en la nommant d’un titre très actuel : « le Conseil 2.0 ».

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Et bien cela veut dire que les systèmes d’informations émergés depuis 2007 ont mis à portée de structures humaines légères, réactives et éphémères, les missions compliquées autrefois réservées aux firmes de conseil d’au moins 200 personnes.

Pourquoi ?

Parce qu’avant, il y a dix ans à peine, seules ces firmes, grâce à leur taille, pouvaient réunir les compétences nécessaires et les outils de travail ad hoc pour prétendre pouvoir répondre aux besoins des clients.

Les technologies ont changé la donne car elles permettent de réunir des compétences grâce aux réseaux sociaux, notamment professionnels, tels linkedin ou viadeo. Et elles permettent de réaliser des offres commerciales et des missions à des standards professionnels, grâce aux outils maintenant à portée de tous car à un prix modique : mail, calendrier, collaboration, grâce à Google Apps par exemple, partage de fichier grâce à Dropbox ou d’autres outils.

Afin de tester notre idée de « conseil 2.0 », nous avons donc sollicité des praticiens du conseil en leur posant la question : « en quoi les nouvelles technologies ont-elles impacté votre métier ? »

Nous avons constaté avec satisfaction que ce sujet suscite un fort intérêt des personnes sollicitées.

Et nous avons constaté trois types d’impacts relevés par les 13 auteurs qui ont proposé un texte :

– Premier type : les nouvelles technologies révolutionnent le modèle économique du conseil. Nous sommes là en plein dans l’idée de « Conseil 2.0 », le monde des « grands » à la portée des « petits ». Philippe Gendreau, Louis Naugès et Henri Cesbron-Lavau de XMC (http://www.x-mines-consult.com/) ont produit des textes au cœur de ce type.

– Deuxième type : les nouvelles technologies permettent de créer de nouvelles offres, donc de générer une nouvelle sources de chiffre d’affaires. Sur ce sujet, nous avons le retour d’expérience de Stéphane Gasser, Arne Gast, Claude Baudoin, Pascal Pignon et Louis-Marie Jacquelin. Les offres relatives au « Big Data » se retrouvent naturellement dans ce type.

– Troisième type : les nouvelles technologies permettent de travailler mieux, plus vite et pour moins cher, parfois radicalement. Elles augmentent l’efficience des équipes ou mettent à portée des petits les outils que seuls les grands avaient. Dans ce type, nous avons des textes très intéressants et très pratiques sur les usages de Caroline Said, Patrick Stelmaszyk, Michel Baudin, Jean Pujol et Olivier Gamot

Ces 13 textes dressent un panorama que j’ai trouvé extrêmement instructif, entre des firmes ayant pignon sur rue (Bain & Co, Mc Kinsey, Capgemini consulting, Kurt Salmon) de plus petites structures spécialisées par secteur ou par fonction (ENEA consulting, Revevol, Prométhée) ou encore des consultants indépendants (S. Gasser, C. Baudoin, P. Gendreau, M. Baudin). Ces textes ont, pour la plupart d’entre eux, été publiés dans la Revue des Ingénieurs n°463 de septembre-octobre 2012.

Malheureusement, nous avons été avertis au moment de la mise en page qu’il fallait réduire drastiquement le nombre de pages du dossier. Pourquoi ?

Parce que la régie publicitaire, bousculée par les effets conjugués de la crise et de la concurrence du web, voit ses recettes chuter, et ne parvient plus à financer l’édition, l’impression et l’expédition d’une revue pouvant contenir autant de textes.

Vous trouverez donc les textes suivants sur le site web d’Intermines (URL : http://www.inter-mines.org/docs/2012161648_articlesleconseilsupplement.pdf) :

– S. Gasser (Promethée consulting) : Les nouvelles technologies bouleversent le conseil en innovation technologique

– Claude Baudoin (cebe) : Nouveaux marchés, nouveaux outils

– L-M. Jacquelin (enea consulting) : L’informatique au service du consensus

– C. Said (Bain & Co) : Conseil et Nouvelles Technologies

– P. Stelmaszyk (Capgemini consulting) : La transformation digital du métier du conseil

– J. Pujol (Kurt Salmon) : Du recours au « Bring Your Own Device » au sein des cabinets de conseil

Il y a cependant une chose que les nouvelles technologies, je pense, ne remplaceront pas : la capacité des personnes à se connaître, connaître ses forces et ses lacunes, connaître sa manière de produire un document commercial, sa manière de produire un livrable, son exigence, sa manière d’interagir avec les clients et les équipes de consultants.

Ce sont toutes ces choses, cruciales, qui font qu’un assemblage d’individus est efficace ou non pour vendre et produire une mission.

Et jusque là, les seuls moyens que je connais pour s’assurer de ces choses sont :

– Avoir été au feu ensemble.

– Avoir été formé dans une école de conseil référente.

Car si la vente de ses capacités intellectuelles peut se pratiquer quasi au pied levé, le conseil, en stratégie ou en management, ne s’improvise pas : il faut une dizaine d’années de formation et de pratique encadrée pour produire un consultant capable d’en vivre dignement une fois devenu indépendant.

Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008.Il intervient en innovation numérique, maîtrise des coûts informatiques, audit des organisations, des achats et d'outsourcing.Il a débuté comme ingénieur à SGN/Areva, en procédés de vitrification.Il rejoint Bossard en 2000 où il devient consultant en systèmes d’information.Philippe est diplômé de MINES ParisTech, chargé de cours au Mastère MSIT Mines-HEC, fait partie du conseil d'administration de MINES ParisTech Alumni, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21.Il connecte ainsi des univers aussi divers qu'inattendus, ce qui crée de la valeur par sérendipité.Depuis 2014, il accompagne des Start-ups dans leur phase de démarrage, et il est CEO de l'une d'elle, OKAYBUS, depuis 2016.


Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008.Il intervient en innovation numérique, maîtrise des coûts informatiques, audit des organisations, des achats et d'outsourcing.Il a débuté comme ingénieur à SGN/Areva, en procédés de vitrification.Il rejoint Bossard en 2000 où il devient consultant en systèmes d’information.Philippe est diplômé de MINES ParisTech, chargé de cours au Mastère MSIT Mines-HEC, fait partie du conseil d'administration de MINES ParisTech Alumni, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21.Il connecte ainsi des univers aussi divers qu'inattendus, ce qui crée de la valeur par sérendipité.Depuis 2014, il accompagne des Start-ups dans leur phase de démarrage, et il est CEO de l'une d'elle, OKAYBUS, depuis 2016.

Leave A Comment