Rencontre entrepreneurs : Studapart – la solution du logement étudiant

Interview réalisée auprès d’Amaury Roland

#1 Comment l’idée de Studapart vous est-elle venue ?

Alexandre (n.d.l.r : le second fondateur de Studapart) et moi nous sommes rencontrés à Paris, dans le cadre de nos études. Nous avons eu une première idée qui était de trouver une solution pour mettre en relation les étudiants des écoles / universités avec les bailleurs.

En 2013, nous avons lancé une première plateforme qui n’a pas fonctionné. Nous avons rapidement réalisé qu’au bout d’un mois, les 100 millions de vues attendues ne seraient pas au rendez-vous. Nous n’apportions rien au marché et voulions être trop présents dans la relation que nous instaurions entre le bailleur et l’étudiant, ce qui complexifiait le processus.

Malgré l’échec constaté au bout d’un mois, nous n’avons pas abandonné et avons restructuré notre offre, ce qui nous a permis de gagner un concours et de repartir avec 25 000 euros.

Grâce à cette récompense, nous avons changé le modèle de notre market place. Mais là encore, les universités / écoles avec lesquelles nous parlions n’étaient pas intéressées. Tout ce qu’elles voulaient était d’avoir leur propre plateforme ou une plateforme en marque blanche.

Partant du constat que nous n’avions plus les moyens financiers d’investir dans le développement d’une plateforme qui ne remportait toujours pas l’enthousiasme des universités, nous avons décidé d’avoir une toute autre approche et de pitcher une offre avant de la développer. C’est ce que nous avons fait auprès des universités avec lesquelles nous étions déjà en contact. Nous leur vendions un produit que nous n’avions pas mais le but était de tester le marketfit. Et ça a marché !

Nous avons commencé à vendre notre plateforme à quelques écoles puis nous avons cherché des bailleurs pour apporter l’autre partie de l’offre : les logements. Pour cela, notre premier bailleur a été Nexity.

Aujourd’hui, Studapart a 3 ans et vous propose plus de 100 000 logements. Nous avons 135 écoles clientes et 400 bailleurs partenaires.

Notre offre est simple : nous mettons à disposition des universités et des écoles une plateforme déployée en marque blanche pour aider leurs étudiants à trouver un logement.

plateforme logement étudiant

#2 Quelle est votre proposition de valeur auprès des écoles et des propriétaires ?

Les écoles sont aujourd’hui confrontées à une croissance de leurs effectifs, que ce soit des étudiants étrangers ou français. Ces étudiants attendent de leur école qu’elle les aide à se loger, surtout lorsque l’étudiant est étranger puisque très souvent une adresse postale leur est demandée pour obtenir un visa. En proposant à ses étudiants une plateforme en marque blanche, l’étudiant évolue dans un environnement avec lequel il est familier et échappe à la large concurrence présente sur des sites à plus large public.

Quant aux bailleurs, leurs trois principales problématiques sont la saisonnalité de la demande, le respect du logement et le paiement régulier des loyers. Nous leur apportons des solutions à ces trois problématiques.

Pour la première, nous leur garantissons une demande tout au long de l’année, grâce aux différents rythmes des cursus (cours, stages ou échanges universitaires). Pour les deux suivantes, nous leur apportons un tiers de confiance qui est l’université ou l’école, perçue comme le garant moral de la relation.

#3 Les erreurs à éviter en tant qu’entrepreneur

Etre dans le déni et mal gérer sa trésorerie. Au départ, nos plateformes n’ont pas fonctionné car nous proposions une offre pour laquelle il n’y avait pas de demande mais comme nous étions dans une phase de déni, nous ne voulions pas voir qu’il n’y avait pas de marché pour une plateforme « tout public ».

Nous n’avons commencé à revoir notre offre et être réellement à l’écoute du marché que lorsque nous sommes arrivés à court de trésorerie.

Après coup, cela paraît simple mais lorsque vous êtes dans le feu de l’action, il est très compliqué de savoir si votre offre ne marche pas parce qu’il n’y a pas de marketfit ou parce que le marché n’est pas encore mûr.

Dans tous les cas, ce n’est pas grave de faire des erreurs. En revanche, il faut en tirer des leçons et savoir se remettre en question avant d’être à court de trésorerie.

#4 Quels conseils donneriez-vous à de jeunes entrepreneurs ?

Les conseils d’Amaury :

  • « Ne pas avoir trop d’égo et se remettre en question. Ce n’est pas intuitif mais il faut savoir le faire »
  • « N’ayez pas peur de l’échec. L’échec nous a permis de comprendre notre marché mais surtout de comprendre qu’il fallait l’écouter. »
  • « Ne créez pas votre business dans votre bureau, sans en parler à d’autres personnes que vos proches, car vos proches ne vous diront pas objectivement ce qu’il faut améliorer. »
  • « Testez beaucoup de choses sans vous poser trop de questions »
  • « Ne dépensez pas trop d’énergie à faire des tâches administratives avant même d’avoir un seul euro. Mettez plutôt l’accent sur ce qui est essentiel, c’est-à-dire le développement de l’offre et non pas la création des statuts de votre start-up »
  • « Je pense qu’il y a 3 leviers pour réussir : la remise en question, la faculté à aller à l’essentiel et la faculté à être patient (procédez en étapes). Il ne faut pas croire que tout est beau et que le succès arrive en 2 ans. »

 

Merci à lui pour le temps qu’il nous a accordé.

 Pour les suivre sur les réseaux sociaux :

Profils LinkedIn d’Amaury Roland et d’Alexandre Ducoeur

Coralie Meynier

Passionnée par l’entrepreneuriat, l’innovation et les méthodes nouvelles de management, Coralie a rejoint ISlean en 2015 pour aider les entreprises dans leur transformation numérique. Coralie est issue de Kedge Business School, où elle a suivi une spécialisation en stratégie d’entreprise, innovation et méthodes entrepreneuriales.


Coralie Meynier

Passionnée par l’entrepreneuriat, l’innovation et les méthodes nouvelles de management, Coralie a rejoint ISlean en 2015 pour aider les entreprises dans leur transformation numérique. Coralie est issue de Kedge Business School, où elle a suivi une spécialisation en stratégie d’entreprise, innovation et méthodes entrepreneuriales.

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