[Détente] IBM devra verser 11M€ à la MAIF : "Qui a fait le con ?"

Une des nouvelles de la semaine concerne le jugement rendu par le tribunal de Niort, obligeant IBM à verser 11M€ à la MAIF, et ce même s’il est fait appel du jugement. En cause, une promesse intenable d’IBM dans le but de gagner un marché : un prix « forfaitaire et définitif de 7,3M€ », qui au final s’élève à 18M€ pour la MAIF après plusieurs avenants suite à la « découverte » que le périmètre du projet était plus large que prévu.

Cet événement n’a pas échappé au truculent Olivier Séhiaud, DSI de son métier, qui commente sur son blog la situation dans un billet intitulé « Qui c’est qui a fait le con ? » :

Qu’apprends-je en lisant mon quotidien favori La Nouvelle République ? Qu’un grand constructeur, IBM pour le nommer, est condamné à payer à l’un de ses clients, l’assureur Maif, pour le nommer aussi, la somme rondelette de 11 millions d’euros. IBM aurait « sciemment » sous-estimé les délais et les coûts du projet pour décrocher le contrat. On connaît les techniques classiques des fournisseurs, qui serrent les prix pour se rattraper sur les avenants, une fois que le client est ferré. Mais là, ils ont poussé un peu fort la machine à avenants : la facture initiale est passée de 7,3 millions à 18 millions.

Qui c’est qui a fait le con ? A mon avis, les deux parties. Le constructeur d’abord, où personne n’a stoppé la machine infernale qui va lui coûter quelques points dans son image de marque et une bonne dose de ridicule quand ils iront expliquer qu’ils appliquent les « best practices » de gestion de projet (cliquer ici pour les rires enregistrés). Mais que les concurrents ne se réjouissent pas trop vite, ca peut leur arriver aussi. On ne citera pas de noms, mais ils sont bien connus les intégrateurs et les SSII qui oublient des zéros dans leurs réponses à appel d’offres pour les retrouver miraculeusement quelques mois plus tard (leur patron a dû aller à Lourdes prier pour la réussite du projet…). Le DSI aussi a joué avec le feu : ne pas voir qu’un projet dérape dans de telles proportions relève d’une certaine légèreté. Mais si le DSI est très compétent, admettons cette hypothèse, je voudrais bien connaître les stratagèmes utilisés par IBM et les équipes internes de la DSI pour masquer l’ampleur des dégâts. Ils avaient peut-être embauché un lointain cousin de Madoff… Au fait, à la MAIF, ils vont pouvoir déclarer leur sinistre en ligne : leur site web fonctionne, il n’a pas été développé par IBM, surnommé chez nous, depuis cette affaire, « Importateur de Bugs Masqués ».

source : http://sehiaud.blogspirit.com/archive/2010/03/08/qui-c-est-qui-a-fait-le-con.html


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