Le DSI : futur dirigeant de l’entreprise numérique, selon le Cigref

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L’assemblée générale 2010 du Club informatique des grandes entreprises françaises a été l’occasion de faire le point sur la relation entre les grands DSI et leurs fournisseurs, et d’évoquer le futur de la profession.

Client numérique, stratégie digitale… Pour Bruno Ménard, président du Cigref et DSI de Sanofi-Aventis, nombreux sont les exemples qui montrent que l’entreprise numérique est en train d’émerger, notamment avec « la montée en puissance des réseaux IP désormais omniprésents ».

« Mais cette nouvelle stratégie doit recouvrir l’ensemble de l’entreprise », a-t-il notamment indiqué lors de son allocation, à l’occasion de l’assemblée générale du Club informatique des grandes entreprises (qui se tenait le 14 octobre à Paris).

Le DSI, chef d’orchestre de la stratégie numérique

Selon Bruno Ménard, le DSI doit se positionner de plus en plus comme le chef d’orchestre de cette stratégie. « Car qui d’autres mieux que lui peut être le garant de son intégration dans le système d’information », lance-t-il, avant d’avancer : « le DSI a pour vocation de devenir le dirigeant de l’entreprise numérique. » Son défi ? Définir un plan numérique couvrant l’ensemble des facettes de l’entreprise : la relation client, les partenaires, les métiers. Le tout en accompagnant l’émergence d’une culture, de compétences, d’innovations numériques.

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Bruno Ménard, président du Cigref et DSI de Sanofi-Aventis, lors de son allocution. ©  JDN

Le Green IT sur toutes les bouches

Parmi les grandes préoccupations des DSI du Cigref, le Green IT est revenu comme un leitmotiv tout au long de l’assemblée générale.

Membre du groupe de travail sur la relation avec les fournisseurs, Philippe Rouaud, DSI de France Télévisions, a évoqué la volonté du Cigref de promouvoir l’émergence d’un éco-label, qui permettrait de mesurer le niveau d’éco-responsabilité des fournisseurs de  matériel informatique, en termes de fabrication et de capacité de recyclage.

Sur ce plan, le Cigref mène également des réflexions en lien avec l’Association française de normalisation (AFNOR), conscient également qu’une politique informatique verte ne peut être menée sans tableaux de bord. « Nous nous sommes lancés en lien avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie dans l’élaboration d’un référentiel d’indicateurs de pilotage Green », ajoute Pascal Buffard, vice-président du Cigref et directeur général d’Axa France Services.

La sécurité et les risques du Cloud Computing

Les systèmes d’information s’ouvrant de plus en plus sur l’écosystème de l’entreprise, les DSI sont plus que jamais en quête de solutions leur permettant de maîtriser la sécurité informatique comme un processus de bout en bout.

Le Cloud Computing modifie le modèle économique de la DSI

« L’Etat français s’est récemment réorganisé autour de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information pour mieux faire face à la cyberdélinquance », note Jean Saas, DSI de Dassault Aviation. « Nous devons apprendre à mieux collaborer avec les autorités, en faisant notamment remonter nos informations et nos recommandations. » Avec l’ANSI, le Cigref a déjà commencé à collaborer, notamment autour de la création d’un guide sur les précautions à prendre pour sécuriser des données lors d’un déplacement à l’étranger.

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Pascal Buffard, vice-président du Cigref et directeur général d’Axa France Services, est également revenu sur le Green IT. ©  JDN

Qu’en est-il des réflexions du club sur le Cloud Computing ? Là encore, même si l’offre commence à se structurer, les DSI des grandes entreprises membres sont bien conscients des risques.

« Risques en termes de sécurité, mais aussi d’interopérabilité avec les systèmes d’information et entre les différentes solutions SaaS », souligne Georges Epinette, trésorier du Cigref, et DSI de la Stime Intermarché, qui insiste sur l’importance de la réversibilité. » Enfin, le Cloud modifie profondément la chaîne de valeur et le modèle économique de la DSI, et oblige à revoir nos organisations ainsi que la relation avec les fournisseurs.

Face à ce défi, mais prêts à actionner ce modèle comme levier d’innovation et d’économie, les DSI attendent également une meilleure réglementation en matière de patrimoine numérique. Mais également un accompagnement de l’Etat sur la question de la localisation des données.

La relation entre DSI et fournisseurs reste centrale

Enfin, la relation avec les fournisseurs aura été marquée d’une actualité forte cette année. « Nous avons vécu des changements d’Etats majors chez plusieurs grands acteurs », constate Francis Aaron,  vice-président du Cigref et DSI Bolloré, en évoquant SAP, Oracle, IBM.  Des évolutions se traduisant souvent par des changements d’équipes commerciales qui ne facilitent pas les contacts avec les DSI. « Des contacts qu’il faut pourtant conserver », note Francis Aaron.

L’apparition de méga-fournisseurs, toujours plus forts au fil des acquisitions, est toujours pointée du doigt. « Y-a-t-il un risque à continuer à travailler avec eux ? », se demande Francis Aaron, avant d’évoquer les alternatives possibles, et notamment le soutien à des PME innovantes et à l’Open Source.


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