Devenir le manager de ses anciens collègues : quels risques et quel comportement adopter ?

Dans un article en date du 14 janvier, Eric Monnier, consultant indépendant, décrit avec clarté les risques qu’induit la promotion au sein de sa propre équipe pour le nouveau manager. Il propose également un ensemble de démarches à mener pour que la prise de fonction se passe sereinement.

Selon Eric Monnier, le nouveau manager va faire face à trois problématiques :

  • Son image : le nouveau manager doit se faire accepter en tant que…manager auprès de ses anciens collègues, un rôle tout à fait différent de celui d’opérationnel qu’il occupait auparavant.
  • Le relationnel : alors qu’être ami avec certains de ses collègues mais pas avec d’autres ne posait aucun souci jusqu’à présent, le nouveau manager devra désormais maintenir une certaine distance avec ses amis et dissiper les craintes que pourraient avoir ses autres subordonnés quant aux différences de traitement qu’il pourrait appliquer
  • La peur d’une trahison : en devenant manager, le promu « change de camp ». Quid des incartades aux procédures qu’il a régulièrement observé dans son précédent poste ? Quid des critiques quotidiennes de la direction à la machine à café qu’il a régulièrement entendu ?

Eric Monnier préconise ensuite plusieurs actions parallèles pour bien vivre ce type de prise de fonction :

  • Se former au management
  • Organiser une réunion d’équipe pour clarifier son nouveau rôle
  • Afficher des valeurs d’équité et de respect et fixer des règles claires de fonctionnement du service
  • Séparer les casquettes d’ami et de manager si cela s’avère nécessaire
  • Concernant les comportements déviants observés par le passé en tant que collègue, instaurer une forme d’amnistie pour le passé tout en posant un cadre pour l’avenir
  • Construire un plan de développement pour chacun des collaborateurs en s’appuyant sur la connaissance passée de leurs points forts, faiblesses et attentes

L’auteur conclut son article en précisant l’absolue nécessité pour le nouveau manager de disposer d’un bureau indépendant.

J’ajouterai ici que si ce bureau indépendant permet d’asseoir le nouveau rôle de manager, il ne doit pas se transformer en tour d’ivoire : il est indispensable (tout du moins au départ) de garder la porte ouverte et de recevoir autant qu’ils le souhaitent ses anciens collègues.

Il me paraît également important que le nouveau manager propose rapidement une vision et une feuille de route à son équipe, ce qui lui permet de projeter toute l’équipe dans l’avenir et de limiter cette période sensible et floue que représente la prise de poste. Plus vite l’équipe sera « embarquée » dans un projet, plus vite le nouveau manager sera légitime.

Enfin, le nouveau manager doit asseoir son autorité dès le départ, d’autant que certains pourraient au début de tester ses réactions (en arrivant en permanence en retard aux réunions par exemple). Pour cela, une seule solution : rester ferme et factuel.

Arnaud Bouclon


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