Deux questions à ne surtout pas poser en entretien d’embauche conseil

Par conviction ou par hasard, vous vous trouvez comme de nombreux diplômés à passer des entretiens auprès de cabinets de conseil. L’entretien va beaucoup dépendre du rythme que lui donne le recruteur et de ses objectifs, mais ce dernier vous laissera obligatoirement la parole à un moment ou à un autre de l’entretien. « Et maintenant je vous propose de consacrer les 10 dernières minutes de notre échange aux nombreuses questions que, je n’en doute pas, vous devez avoir »… Comment faire une bonne impression et en apprendre un maximum dans ces 10 minutes ?

Deux questions à ne surtout pas poser en entretien d’embauche conseil

L’écrasante majorité des candidats qui envisagent le conseil le font pour les mêmes raisons : ils aiment la diversité des missions, veulent continuer à apprendre, redoutent de s’enfermer au sein d’une entreprise traditionnelle.  De ce fait, les questions qu’ils posent en entretien se ressemblent, et certaines continuent d’être posées alors qu’il n’en ressort jamais rien d’intéressant…

Est-ce que je pourrai choisir mes missions ?

Question ultra classique que 95% des candidats posent et qui, à mon sens, ne leur apporte jamais satisfaction. En effet face à cette question, le cabinet n’a que 2 choix : mentir ou rester flou.

Il ment s’il vous explique que vous aurez le choix, que vous pourrez choisir les clients et les missions auxquelles vous participerez. Comprenez bien qu’il n’est pas envisageable pour un cabinet de refuser un client et une référence parce que ses salariés ne sont pas emballés. Par ailleurs, la perte de chiffre d’affaires poserait rapidement des problèmes pour payer les salaires…

Il reste flou s’il est honnête. Effectivement, ça arrivera que l’on ait le luxe de vous laisser le choix entre plusieurs missions. Il reste dans l’intérêt du cabinet de vous positionner sur des sujets qui vous motivent pour ne pas vous donner envie d’aller voir ailleurs. Ce sera particulièrement vrai si vous sortez d’une affectation difficile : ce sera une façon élégante de vous féliciter d’avoir tenu bon. Mais le cabinet doit aussi veiller à proposer au client un profil qui sera à même de donner satisfaction et qui lui permet de rester dans son modèle économique. Il ne peut donc pas vous promettre que vous aurez les clés du camion.

La question n’est donc pas la bonne mais elle témoigne d’un besoin de visibilité qui lui, est légitime. « Qu’est-ce que je vais me retrouver à faire dans cette entreprise ? » ; « Est ce que le fait qu’on répète « stratégique » deux fois par phrase doit être une source d’inquiétude ? ». Alors partez du principe pessimiste que tout peut arriver, et demandez plutôt à votre interlocuteur de vous présenter les missions sur lesquelles il travaille en ce moment. Demandez-lui à quoi ressemble son quotidien et tâchez de vous mettre dans ses chaussures pour savoir si ça vous intéresserait de faire ce qu’il fait. S’il vous décrit des segments de mission (audit, transformation, pilotage de projet), demandez-lui combien de missions il a fait dans chaque segment et combien de temps dure une mission de chaque segment. Si vous êtes encore dans le doute, demandez-lui quelle est la mission la moins intéressante qu’il ait fait et combien de temps il est resté dessus.

Est-ce que vous faites des formations ?

Tous les cabinets de conseil dignes de ce nom investissent fortement sur la formation de leurs consultants. Et dans tous les cas, tous le disent, même les moins dignes. Cela n’est pas un axe différenciant. Vous pouvez leur demander quelles formations ils dispensent à leurs jeunes, et à leur moins jeunes, mais il y a un risque non négligeable que la 4e de couverture ne vous semble pas très claire.

Les formations sont des moments de respiration essentiels dans la vie de consultant parce qu’ils permettent de prendre du recul et de prendre conscience de ce qu’on a fait et appris sur mission. C’est d’abord le terrain qui fera de vous un consultant aiguisé. On en revient donc à la question des missions que vous serez amenez à faire … mais plus particulièrement pour savoir qui va vous encadrer.

Je vous conseille donc de demander plutôt quel est le modèle de staffing ? C’est à dire quels sont les dispositifs typiques proposés dans les missions ? Êtes-vous face à un cabinet qui fonctionne en binômes « junior-senior » ou met-il plutôt en place des équipes plus larges ? Dans le cas d’équipe plus larges, qui sont les plus seniors et quel est le ratio senior / junior ? Vous pourrez déterminer si vous allez tomber seul dans un grand centre de service où il faudra se débrouiller seul, ou si de l’aide sera disponible.

Le taux de facturation est un bon indicateur de ce niveau de soutien et d’encadrement. Si le cabinet vous facture à 500€/jour, il ne dégage pas assez de marge sur votre profil pour investir dans un encadrement rapproché ou des sessions de formation de bon niveau. Le modèle de ces cabinets, c’est d’affecter les ressources sur des missions de longue durée, où ils doivent fonctionner en autonomie selon un modèle de centre de service. Vous êtes alors tributaire des qualités managériales de vos clients et de leur volonté à vous apprendre votre métier… et sauf gros coup de bol, vous ressortirez frustré de l’expérience.

J’espère que ces quelques lignes vous aideront à trouver une entreprise où il fait bon bosser (et bien bosser) !

Bon courage !

Guillaume Ferdmann

Guillaume Ferdmann est Manager au sein du cabinet ISlean consulting. Il a réalisé sa formation initiale à l'école des Mines de Paris et a rejoint le cabinet en 2011 où il a notamment travaillé sur des sujets d'organisation et d'excellence opérationnelle.


Guillaume Ferdmann

Guillaume Ferdmann est Manager au sein du cabinet ISlean consulting. Il a réalisé sa formation initiale à l'école des Mines de Paris et a rejoint le cabinet en 2011 où il a notamment travaillé sur des sujets d'organisation et d'excellence opérationnelle.

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