Introduction à l’univers des Fablabs

Nous avons réalisé il y a quelques mois une mission d’exploration du monde des Fablabs, pour un de nos clients. Nous avons découvert un monde passionnant, en perpétuelle évolution, et avons rencontré des femmes et des hommes engagés, qui font bouger les lignes.
Nous souhaitions partager avec vous un peu de ce que nous avons appris à leurs côtés.

Introduction à l’univers des Fablabs

Qu’est-ce qu’un Fablab ?

Un Fablab, de l’anglais FAbrication LABoratory, est un tiers-lieu (c-à-d. un environnement social autre que le domicile ou le lieu de travail) dans lequel des outils de fabrication numériques (fraiseuse, découpeuse laser, imprimante 3D…) sont mis à disposition d’une communauté d’individus. L’intérêt premier est de partager les coûts de logiciels et machines qui valent plusieurs dizaines de milliers d’euros, pour faciliter la conception et la réalisation d’objets divers.

Imprimante 3D

N.B. : le terme Fablab, initialement proposé par le MIT, est devenu un nom générique. Par simplification j’utiliserai dans cet article le terme Fablab mais je devrais parler d’AFN pour « Atelier de Fabrication Numérique ». Le Fablab « MIT » n’est en effet qu’un type d’AFN parmi d’autres.

Décentralisation et collaboration sont en vogue

La multiplication des Fablabs est un symptôme de trois tendances sociétales majeures (voir à ce sujet l’excellent article de Christian Semé sur les nouveaux usages)
  • La décentralisation de la production et empowerment des individus
  • Le développement itératif « essai-erreur » des produits et les échanges avec les clients
  • La montée en puissance de la contribution gratuite et de la collaboration entre individus comme valeurs

La transition numérique transforme des marchés de masse en marchés de la multitude : nous attendons de plus en plus que les biens ou les services que nous achetons soient personnalisés. Et, le e-commerce et Amazon aidant, nous avons pris l’habitude d’être livrés rapidement.

Les entreprises n’ont donc d’autre choix que de décentraliser leur production pour se rapprocher de leurs clients et ainsi mieux connaître les évolutions de leurs goûts et les livrer plus rapidement.

Certaines d’entre elles nous délèguent même une partie de leur production : commande de repas sur une borne au restaurant, assemblage de meuble…

L’heure n’est plus au développement de A à Z d’un produit complet avant présentation au marché mais au développement d’un « MVP », minimum viable product mis sur le marché avant d’être considéré comme complet à l’aune de critères classiques, et qui évolue au fil du temps et des attentes des utilisateurs. Par ailleurs, demander l’avis des clients sur les réseaux sociaux avant de valider un nouveau design ou une évolution devient une norme.

En parallèle, le fonctionnement en réseau, les échanges entre individus et la contribution gratuite se répandent : nous notons les restaurants sur TripAdvisor, contribuons sur Wikipédia, partageons nos expériences sur des blogs, donnons notre avis sur des projets de loi…

Le concept de Fablab est au croisement de ces évolutions sociétales.

Les Fablabs sont les lieux où se concrétisent ces tendances sociétales

Les Fablabs constituent en effet des mini-usines dédiées au prototypage ou à la production à petite échelle dans lesquelles chacun peut fabriquer son produit à lui, en faisant appel aux compétences de la communauté.

Dans les Fablabs, des machines industrielles sont donc mises à disposition de tous, généralement sur la base d’un abonnement mensuel.

Les abonnés se rendent dans des Fablabs pour avoir accès aux machines « mais reviennent pour la communauté qu’ils ont rencontrée » nous ont indiqué plusieurs personnes fréquentant les Fablabs et les Fablabs managers.

Ces derniers voient leur Fablab comme un lieu où se libèrent les énergies et la créativité mais avant tout comme un lieu de rencontre où se tissent des liens entre des individus de milieux divers qui ne se seraient jamais rencontré ailleurs que dans ces lieux.

Dans notre étude, trois segments de Fablabs ont été distingués : les Fablabs « MIT », les Fablabs commerciaux et les Fablabs d’entreprise.
  • Les Fablabs « MIT », bien que très différents les uns des autres dans leurs organisations et leurs objectifs (promouvoir la culture scientifique, réparer des objets ou leur donner une deuxième vie, permettre à tous d’appréhender la fabrication numérique et la technique…), partagent des valeurs communes (voir à ce sujet la charte des Fablabs du MIT) et accueillent tous les publics, souvent pour des coûts limités. Il y en existe des centaines à travers le monde, qui se regroupent en associations et organisent des événements pour partager leurs passions. La France est un des pays comptant le plus de Fablabs relativement à la taille du pays.
  • Les Fablabs que nous avons nommés « commerciaux » proposent aux artisans, aux start-up et même aux grandes entreprises de venir innover et prototyper de nouveaux produits dans leurs locaux. Certains vont même jusqu’à accompagner les porteurs de projets jusqu’à la petite série.
  • Des entreprises ont créé des Fablabs internes, pour offrir à leurs collaborateurs des lieux pour exprimer leur créativité en dehors de la hiérarchie et des périmètres institués. Tous les salariés peuvent venir innover (pas uniquement la R&D !) tandis que le le champ des recherches peut dépasser le core business de l’entreprise.

Quels que soient leurs buts, leurs abonnés ou encore leurs modes de financement, ces lieux participent d’un mouvement général, celui de l’économie du partage et de la collaboration.

Vous souhaitez en savoir plus sur l’univers des Fablabs ? Faites le nous savoir en commentant cet article !

Arnaud Bouclon

Arnaud est passionné par la transformation des entreprises et de la société. Il a décidé de se jeter dans le grand bain du monde des entreprises en rejoignant ISlean consulting en 2011. Ses missions lui ont permis de développer une rigueur professionnelle d’excellence, une posture d’empathie et de compréhension du besoin du client, et de se positionner en force de proposition auprès des équipes, que ce soit pour des PME dans nos régions, ou de grands groupes français sur leurs problématiques d’amélioration opérationnelle. Certifié Lean Six Sigma, Arnaud garde aussi le gout des mots et du partage ouvert des connaissances, en contribuant régulièrement au blog d’ISlean consulting. Enfin, ses activités associatives lui permettent de se mobiliser sur des actions sociales locales et internationales.Arnaud est diplômé de l’ESSCA. Il a rejoint ISlean consulting en 2011 après un passage chez Ernst & Young.


Arnaud Bouclon

Arnaud est passionné par la transformation des entreprises et de la société. Il a décidé de se jeter dans le grand bain du monde des entreprises en rejoignant ISlean consulting en 2011. Ses missions lui ont permis de développer une rigueur professionnelle d’excellence, une posture d’empathie et de compréhension du besoin du client, et de se positionner en force de proposition auprès des équipes, que ce soit pour des PME dans nos régions, ou de grands groupes français sur leurs problématiques d’amélioration opérationnelle. Certifié Lean Six Sigma, Arnaud garde aussi le gout des mots et du partage ouvert des connaissances, en contribuant régulièrement au blog d’ISlean consulting. Enfin, ses activités associatives lui permettent de se mobiliser sur des actions sociales locales et internationales.Arnaud est diplômé de l’ESSCA. Il a rejoint ISlean consulting en 2011 après un passage chez Ernst & Young.

One Comment

  1. Philippe Kalousdian
    Philippe Kalousdian 26|04|2017 at 7:41 - Reply

    Article très instructif. Merci de nous avoir épargné le poncif de la lutte contre l’obsolescence programmée, qui est un mythe (http://econoclaste.org.free.fr/econoclaste/?p=7583) alimenté par la recherche de la réduction des coûts de fabrication pour fournir des produits à prix plus bas.
    Un acheteur d’une société d’électroménager m’a expliqué comment il a réduit le prix de fabrication d’un four à micro-ondes en revisitant le dimensionnement de TOUTES les pièces : capot, vis, vitre, boutons, fils, magnétron… Résultats : des premiers prix à quelques dizaines d’euros là où avant c’était une centaine. Mais aussi des produits plus fragiles car tout a été tiré pour optimiser le rapport performance / prix.

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