Le numérique disrupte l’ophtalmologie et l’optique

Zut, il ne me reste plus de lentilles que pour deux semaines ! Comment faire pour en acheter quand en région parisienne tous les ophtalmologistes sont occupés pour les six prochains mois ? Pas de panique, le numérique va vous aider !

Mise en garde : je n’ai aucun intérêt dans les entreprises et professionnels que je vais citer ici.

Obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste

Première étape, je me connecte sur Doctolib, où j’ai un compte depuis 2 ans. Au-delà de quelques professionnels qui font « du vieux avec du neuf » c’est à dire qui sont aussi sur Doctolib indisponibles les six prochains mois, certains cabinets ont des disponibilités… demain ! C’est notamment le cas du cabinet d’ophtalmologie d’Alesia, dans Paris.

À noter que ce cabinet est aussi disponible sur mondocteur.fr et lemedecin.fr, cf. votre moteur de recherche préféré.

Ophtalmologie, lunettes

Le lean dans la médecine, ça marche !

Au-delà de cet usage parfait du numérique, l’organisation du rendez-vous mérite d’être détaillée. Les tâches sont réparties entre un ophtalmologiste et un opticien ! Dans le même cabinet. Explication : Pour prescrire lunettes et lentilles, un diplôme d’ophtalmologiste est nécessaire. Pour mesurer la correction nécessaire, la pression de l’oeil, un opticien peut le faire. Donc pour qu’un ophtalmologiste puisse traiter plus de clients, la moitié du travail mesuré en temps est réalisé par un opticien. Belle parallélisation des tâches. Ça me rappelle la formation au lean six sigma 🙂

Il a dû y avoir des questions car une feuille A4 affichée sur la porte de la salle d’attente explique bien que la consultation sera conduite par un opticien puis un ophtalmologue et pourquoi.

Je ne l’ai pas évoqué à ce stade, mais il y a une personne qui s’occupe de gérer le planning des rendez-vous, l’encaissement, la prise de carte vitale. Il est donc intéressant de noter que le numérique utilisé à outrance n’a pas fait disparaître un job d’accueil et de gestion.

Maintenant, acheter les lentilles

Je trouve que aller dans un magasin pour acheter des boites de produits standards totalement prescrits comme des lentilles, c’est une aberration. J’ai donc fait une recherche sur internet, et ai créé un compte sur LentillesMoinsChères.com, site ressortant en premier en référencement naturel.

Page web d'accueil de lentillesmoinscheres.com

Page web d’accueil de lentillesmoinscheres.com

Ce site n’est pas forcément une référence du e-commerce en design et en ergonomie, mais il est efficace et sans défaut. Il est possible d’uploader une ordonnance, on reçoit une facture, il y a un large choix, sans vraiment de guide pour choisir un type de lentille ou un autre. Dans une semaine au plus tard, j’ai mes lentilles, c’est ce que je cherchais !

Puis acheter une paire de lunettes

« ok google, dis Siri, acheter lunettes » et j’arrive sur L’usine à lunettes. Là c’est plus délicat, car, à la différence des lentilles où le produit est quasi totalement prescrit par l’ophtalmologiste, le produit lunettes est comme un vêtement : il faut qu’il aille et qu’il plaise. On a envie de le toucher, de l’essayer.

Mais, bonne nouvelle, il y a de belles photos, les montures sont à quelques euros, et pas quelques centaines d’euros comme dans les boutiques. Les verres à quelques dizaines d’euros aussi, amincis grâce à un fort indice de réfraction et traités anti reflet car j’ai une forte correction.

Donc tant pis si je ne suis pas satisfait, j’irai dans une boutique au pire, cela ne m’aura coûté que 60 € port compris. Je considère que le fait de pouvoir acheter depuis chez moi, la rapidité et le faible coût compensent le risque que ça ne me plaise pas totalement.

Quand on voit ce que fait snapchat, où en réalité augmentée votre visage se recouvre de celui d’un autre en temps réel, on se demande combien de temps cela prendra pour intégrer une telle technologie à l’essayage de lunettes.

Car le site est bien fait, drôle. Un ergonome/designer passionné y a bossé : on peut saisir ses corrections, et, si on n’a pas envie, juste uploader sa prescription. L’écart pupillaire doit être fourni, malheureusement, il n’est pas sur mon ordonnance, je dois le mesurer ou le retrouver dans une précédente prescription. Là aussi, la solution serait simple : se prendre en photo avec une référence de mesure collée sur le front, et le tour serait joué.

Le site a le bon goût de ne pas faire comme les opticiens, qui vous demandent votre contrat de mutuelle avant même d’avoir évalué votre besoin : « pour combien vais-je pouvoir lui en coller » semblez-vous lire dans leurs yeux quand ils examinent vos plafonds de remboursement. Pour les plus malins, intégrer un calculateur serait simple : là aussi, uploader le contrat et les garanties, un OCR et une base de données, peut-être un peu de Mechanical Turk, et le tour est joué, vous pouvez dire au client ce qu’il lui restera à charge ou non, et gérer pour lui en tout ou partie le dossier de remboursement.

Mon compte à l'usine à lunettes

Mon compte à l’usine à lunettes

J’ai terminé : en deux jours j’ai renouvelé mes lentilles et lunettes, que j’aurai dans une semaine. Avant la révolution numérique, il aurait fallu plusieurs semaines en s’y prenant bien et avec un peu de chance, voire des mois.

Rapidité, qualité, service. Quel progrès !

Article du 8 février 2017, modifié le 1er mars 2017

Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008. Il intervient en innovation numérique, maîtrise des coûts informatiques, audit des organisations, des achats et d'outsourcing. Il a débuté comme ingénieur à SGN/Areva, en procédés de vitrification. Il rejoint Bossard en 2000 où il devient consultant en systèmes d’information. Philippe est diplômé de MINES ParisTech, chargé de cours au Mastère MSIT Mines-HEC, fait partie du conseil d'administration de MINES ParisTech Alumni, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21. Il connecte ainsi des univers aussi divers qu'inattendus, ce qui crée de la valeur par sérendipité. Depuis 2014, il accompagne des Start-ups dans leur phase de démarrage, et il est CEO de l'une d'elle, OKAYBUS, depuis 2016.


Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008. Il intervient en innovation numérique, maîtrise des coûts informatiques, audit des organisations, des achats et d'outsourcing. Il a débuté comme ingénieur à SGN/Areva, en procédés de vitrification. Il rejoint Bossard en 2000 où il devient consultant en systèmes d’information. Philippe est diplômé de MINES ParisTech, chargé de cours au Mastère MSIT Mines-HEC, fait partie du conseil d'administration de MINES ParisTech Alumni, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21. Il connecte ainsi des univers aussi divers qu'inattendus, ce qui crée de la valeur par sérendipité. Depuis 2014, il accompagne des Start-ups dans leur phase de démarrage, et il est CEO de l'une d'elle, OKAYBUS, depuis 2016.

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