MOOC, SPOC, COOC : ubérisations de l’enseignement et formation ?

MOOC, SPOC, EdTech… Nous avons pu lire ces termes. En fait, l’EdTech, qui regroupe les nouveaux modèles digitaux et technologiques de la formation, reste une notion récente. Quels sont les mots clés et les notions importantes de ce phénomène ?

Quand nous sommes tombés dans le monde de l’EdTech, nous avons dû apprendre tout un langage. Revenons ensemble sur des notions qui continuent d’évoluer certes, et prenons le risque de poser nos définitions sur les termes de MOOC, SPOC, COOC, d’apprenants etc.

MOOC, SPOC et COOC, des acronymes anglais ou américains…

Pourquoi ces acronymes ? D’abord, parce qu’ils permettent de regrouper en un mot, au risque du mot valise, une notion récente. Ces mots sont construits sur les premières lettres des concepts décrits en 4 lettres.

  • Massive Online Open Courses pour MOOC
  • Single Private Online Courses pour SPOC
  • COOC pour Corporate Online Open Courses pour COOC

Dans ces trois cas, cela vient comme souvent des Etats-Unis et de leur capacité, répétée dans l’histoire, à développer des modèles mondiaux innovants.

Fondamentalement, les 3 notions concernent la formation continue et l’enseignement supérieur et se sont cristallisées avec les grandes plateformes américaines telles Coursera, EdX et Udacity en 2012. Certains préfèrent remonter à la Khan Academy, plus ancienne et tournée vers les élèves du primaire et du secondaire. Malgré l’intérêt précurseur de la Khan Academy (fondation également américaine), ce sont les plateformes américaines proposant des cours d’universités en ligne qui ont répandu le concept.

Plateforme sur tablette d'apprentissage en E-learning, avec tablette et MOOC

En France, la plateforme leader est une plateforme (dont l’Etat a eu l’initiative) FUN, pour France Université Numérique. On peut s’amuser de constater que le site de France Université Numérique, qui promeut l’enseignement supérieur français et la francophonie, s’appelle FUN-MOOC !

De la formation en ligne : avec des enseignants, des apprenants et des pairs !

Tous ces formats visent à (se) former en ligne.

Ils ont donc en partie reproduit le schéma fondamental de l’enseignement supérieur : un professeur (devenu enseignant dans le monde digital) donne son cours au travers de vidéo à des élèves (ici, des apprenants).

Dans certains cas, l’enseignant n’est pas professeur mais un professionnel avant tout, praticien de la matière, qui a pris de la hauteur sur ses expériences et qui souhaite la transmettre. Toutefois, cet enseignant n’a pas le titre de professeur.

Les apprenants peuvent aussi être des actifs, ayant quitté le monde de l’enseignement supérieur depuis longtemps. Difficile pour eux de redevenir élève, même s’ils souhaitent continuer à apprendre ! Parlons donc d’apprenants.

D’autant plus que les MOOC, SPOC et COOC ressemblent plus à de grands, voire très grands, amphis, et qu’aucun professeur au monde ne pourrait seul corriger les copies. Alors, un système vertueux a été mis en place d’évaluation entre pairs (peer-grading ou peer-review). Les apprenants sont donc invités à écouter l’enseignant, faire des essais ou rédaction, puis évaluer les essais de leurs alter-ego, pairs ou camarades, c’est-à-dire les autres apprenants.

Man teaching in the forest

COOC, SPOC et MOOC : points communs et différences

Les 3 notions ont en commun d’être des cours en ligne, souvent à partir de cours vidéos, combinés à des tests légers (sous forme de quizz ou QCM) ou plus lourds (sous forme d’essais, c’est-à-dire de rédaction). Enfin, les 3 formats sont en général limités dans le temps, sur un rythme qui progresse par semaine.

Maintenant, regardons les différences :

  • Le MOOC (Massive Open Online Course) est le format de cours numérique le plus popularisé et correspond à un cours en ligne gratuit et ouvert à tous. Il balaie un nombre très important de sujets (professionnel, pratique, académique…) et est basé sur le partage de connaissance entre pairs. Généralement, le cours est dispensé sur plusieurs semaines et comprend des vidéos, un forum et des documents annexes. Ce qui fait sa force, c’est d’abord le nombre – parfois impressionnant – d’apprenants. Ce qui provoque la critique, c’est que peu d’apprenants vont jusqu’au bout. Et que ces contenus gratuits, à l’origine pour ouvrir l’éducation supérieure au plus grand nombre, sont d’abord consommés par des actifs déjà diplômés.
  • Le SPOC et le COOC sont tous deux orientés « Business ». La différence entre ces deux formats est le public visé.
    • Le SPOC (Small Private Online Course) est également proposé par une entreprise mais n’est ouvert qu’à un nombre restreint de personnes (entre 30 et 70 personnes) et propose des formations sur des sujets spécifiques. Ce format peut être réservé à une seule entreprise (intra-entreprise) ou à des participants de plusieurs entreprises (inter-entreprises).
    • Le COOC (Corporate Online Open Course) est un cours en ligne proposé par une entreprise sur une thématique liée à son activité et ouvert à toute personnes travaillant de près ou de loin avec cette entreprise (salariés, clients, fournisseurs, candidats…). Le service proposé peut être plus complet que celui des MOOC (gamification, travail collaboratif et à distance…).

Et le E-learning : quelles différences par rapport aux MOOC ?

Le E-learning a précédé les MOOC. Le E-learning propose des sessions individuelles de formation devant son ordinateur, dès les années 90.

L’Union européenne parle dès 2001 d’inventer l’éducation de demain dans son rapport sur le E-learning. La définition de l’époque est « l’e-learning est l’utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès à des ressources et à des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance ».

En suivant cette définition, les MOOC, SPOC et COOC ne sont que de nouveaux formats de E-learning. Ce qui a changé par rapport aux formats précédents ? D’abord, l’internet s’est fortement déployé depuis 2001, à la fois en termes d’accès au réseau, d’utilisateurs et d’usages. Les MOOC, SPOC et COOC sont arrivés à un moment où la vidéo sur internet, diffusée à des dizaines voire centaines de milliers d’utilisateurs concurrents pose moins de problèmes techniques. Les utilisateurs peuvent donc suivre tout le parcours en ligne en même temps. Les MOOC réintroduisent donc la temporalité académique, avec des sessions limitées dans le temps, des semaines qui rythment les chapitres de la formation. Et comme les utilisateurs avancent au même rythme, l’enseignant utilise cela pour les faire s’évaluer entre pairs, ce qui est certes vertueux, mais surtout devenu techniquement possible.

Pour simplifier, le E-learning a d’abord couvert des formations fortement automatisées, plus proches de tutoriels interactifs. Les MOOC, SPOC et COOC remettent plus d’humain dans la formation en ligne : d’abord les enseignants, dont on peut voir les vidéos, et ensuite les autres apprenants via les évaluations entre pairs.

Le secteur de la formation est très innovant : les formats continuent à s’enrichir et de nombreuses start-up ou acteurs plus traditionnels développent et expérimentent de nouveaux modèles.

Nous vous les présentons avec nos articles sur l’EdTech !

Louis-Alexandre Louvet

Depuis 2000 dans le conseil, Louis-Alexandre s'est spécialisé dans les problématiques d'innovation et de lancement de nouvelles offres s'appuyant sur les technologies, notamment au travers de la conception de stratégie et de schéma directeur SI. Il accompagne également le cadrage et le pilotage de grands programmes de transformation faisant levier sur le SI. Il développe les études sur l'impact et la valeur des technologies pour différents secteurs, notamment le secteur immobilier, fédérations professionnelles, associations. Louis Alexandre a accompagné le cours Essec / Centrale Paris / Strate Collège, création d'un produit innovant pendant 2 ans. En tant que citoyen passionné par la transformation des usages, Louis-Alexandre est également membre du bureau de Démocratie Ouverte, association qui conçoit, développe et teste de nouveaux modèles de gouvernance citoyenne. Il a rejoint ISlean consulting en novembre 2012.


Louis-Alexandre Louvet

Depuis 2000 dans le conseil, Louis-Alexandre s'est spécialisé dans les problématiques d'innovation et de lancement de nouvelles offres s'appuyant sur les technologies, notamment au travers de la conception de stratégie et de schéma directeur SI. Il accompagne également le cadrage et le pilotage de grands programmes de transformation faisant levier sur le SI. Il développe les études sur l'impact et la valeur des technologies pour différents secteurs, notamment le secteur immobilier, fédérations professionnelles, associations. Louis Alexandre a accompagné le cours Essec / Centrale Paris / Strate Collège, création d'un produit innovant pendant 2 ans. En tant que citoyen passionné par la transformation des usages, Louis-Alexandre est également membre du bureau de Démocratie Ouverte, association qui conçoit, développe et teste de nouveaux modèles de gouvernance citoyenne. Il a rejoint ISlean consulting en novembre 2012.

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