Les voitures autonomes : quels impacts sur la société ?

Les voitures autonomes arriveront, dans une définition (et un probablement un périmètre) restreinte, d’ici 2020 au plus tôt. Elles cohabiteront pendant de nombreuses années avec les voitures « manuelles » qui finiront par quitter les routes sous l’effet conjugué d’un coût d’usage des véhicules autonomes en baisse et de primes d’assurance des véhicules « manuels » en furieuse hausse.
J’ai cherché à voir au delà de cette période de transition et à me projeter, disons entre 2040 et 2060, dans un monde où les voitures autonomes seront seules sur les routes, les véhicules « manuels » y ayant été (c’est probable) interdits.
Comment ce changement radical affectera-t-il la société ? J’ai retenu quatre domaines d’impacts pour segmenter ma réflexion : la santé, le temps, la liberté et les espaces de vie.

Amélioration de la santé

Diminution des accidents

Quand on pense automobile autonome, chacun a en tête la statistique selon laquelle plus de 90% des accidents sont dus à des erreurs humaines. L’avènement des véhicules autonomes aura donc des effets directs sur la santé par la réduction du nombre de morts et de blessés sur les routes. Des accidents auront toujours lieu, n’en doutons pas.
Cependant leur cause sera différente : les problèmes électroniques et les piratages informatiques seront peut-être la cause principale des morts sur les routes. Notons qu’en 2014, 15% des tués sur la route sont des piétons et près de 30% des conducteurs de deux-roues. Ces morts sont souvent liés à des collisions avec des voitures. Espérons que la batterie de radars et une vitesse moins élevée permettront aux véhicules autonomes de réduire drastiquement cette statistique.
Par ailleurs, question ouverte, qu’adviendra-t-il des scooters et motos ? Des deux-roues « manuels » cohabiteront-ils avec les voitures autonomes ? Quel sens à vouloir réduire son temps de parcours quand on pourra le passer dans une voiture salon, à travailler ou à se détendre ?

Réduction du stress et de la pollution

La santé, ce n’est pas uniquement les accidents, mais aussi le stress et la pollution.
Les conducteurs ne… conduiront plus et arriveront donc plus détendus et reposés à leur destination.
Quant aux niveaux de pollution, ils diminueront grâce à une meilleure régulation du traffic par les voitures autonomes et que les voitures « manuelles » : les voitures autonomes sauront éviter les zones denses pour réduire le temps de parcours et ne tenteront pas d’accélérer à l’approche d’un feu pour le passer orange foncé !
Les voitures autonomes seront structurellement moins polluantes car leur arrivée sur le marché se fera après l’avénement des véhicules électriques, en plein essor, comme le démontre l’avalanche de nouveautés au salon de l’automobile de Paris.

Hausse de la productivité

L’augmentation de la productivité est souvent évoqué comme corollaire de la voiture autonome.
À ce terme restrictif, je préfère évoquer la libération du temps que les individus pourront consacrer au travail ou aux loisirs.

Les trajets professionnels

Avec l’hypothèse d’une heure de trajet domicile – travail aller-retour, 218 jours par an, ce sont plus de 9 jours complets qui pourront être alloués à d’autres activités ! Ce fantastique gain de temps ne sera pas réservé aux utilisateurs de transports individuels mais également aux usagers des transports en commun dont nombre d’entre eux pourront décider de se rendre au travail en véhicule autonome. La réduction drastique des coûts de transport en voiture permettra à beaucoup de s’affranchir des contraintes du métro (un point de plus pour l’amélioration de la santé !)… donc de soulager les autres. N’oublions pas les transports collectifs routiers tels les bus qui verront leur efficience fortement augmenter grâce à une gestion intelligente et prédictive du trafic.

Les trajets personnels

En ce qui concerne les trajets personnels, un exemple suffit à prendre la mesure de la révolution à venir : quel parent n’a jamais eu le sentiment de « faire le taxi » pour amener ses enfants à l’école ou à leurs différentes activités ? Les enfants pourront circuler seuls à bord de véhicules autonomes dont la destination aura été programmée par les parents, parents qui pourront suivre à distance le trajet de leurs enfants (ce service est déjà disponible sur l’application Uber).

Augmentation de la liberté et de l’autonomie (quoique, pour la liberté…)

Liberté : des effets positifs indéniables…

Le dernier exemple cité nous fait toucher du doigt l’une des révolutions majeures induite par les véhicules autonomes : le gain de liberté et d’autonomie engendré pour plusieurs populations.
Les enfants, nous l’avons vu, mais également les personnes âgées, les handicapés…les voitures autonomes vont démultiplier la mobilité des personnes fragiles.
Les possibilités de mobilité d’étendront aux personnes mais aussi aux lieux et aux horaires difficilement desservis à l’heure actuelle par les transports en commun.
Cela ne pourra se faire que si le coût d’usage des véhicules autonomes est suffisamment faible. Je me place ici volontairement dans l’optique où la propriété des véhicules a cédé la place à l’usage.

…mais une surveillance accrue

Le tableau n’est pas exempt de défauts. Le gain de liberté dont profiteront certains se fera au détriment d’une certaine forme de liberté pour les autres, qui ne supporteront pas que tous leurs trajets soient structurellement enregistrés (il faudra bien entrer une destination dans le GPS !) donc traçables. Doit-on s’attendre à une hausse des ventes de vélos ?

Transformation des espaces de vie

Les parkings, grands perdants des prochaines décennies

L’aménagement urbain et périurbain va subir des transformations importantes. Le passage de la propriété à l’usage va entraîner une forte réduction du nombre de voitures en circulation (elles rouleront bien plus souvent chargées). Les parkings, privés comme publics, vont donc devenir inutiles et libérer un espace considérable pour de nouveaux aménagements urbains. Difficile de dire aujourd’hui si ces espaces seront transformés en jardins, en logements, en commerces ou en d’autres choses plus excitantes… mais que de perspectives !
La répartition de la chaussée va évoluer entre piétons, véhicules autonomes et autres formes de mobilité (vélos, trottinettes, rollers…) pour limiter les risques d’accidents car ceux-ci deviendront intolérables.

Une transformation à l’échelle régionale ?

Puisque les déplacements seront rendus plus flexibles par des véhicules à l’usage abordable et plus souples dans leur destination, les individus seront moins dépendants aux transports publics. De là à imaginer une décentralisation des bureaux d’entreprises, il n’y a qu’un pas que j’ose franchir. Pour rappel, je me projette entre 2040 et 2060. Il est permis de rêver !

Arnaud Bouclon

Arnaud est passionné par la transformation des entreprises et de la société. Ses missions lui ont permis de développer une rigueur professionnelle d’excellence, une posture d’empathie et de compréhension du besoin du client, et de se positionner en force de proposition auprès des équipes, que ce soit pour des PME dans nos régions, ou de grands groupes français sur leurs problématiques d’amélioration opérationnelle. Certifié Lean Six Sigma, Arnaud garde aussi le goût des mots et du partage ouvert des connaissances, et contribue régulièrement au blog d’ISlean consulting. Ses activités associatives lui permettent de se mobiliser sur des actions sociales locales et internationales. Arnaud est diplômé de l’ESSCA. Il a rejoint ISlean consulting en 2011 après un passage chez Ernst & Young.


Arnaud Bouclon

Arnaud est passionné par la transformation des entreprises et de la société. Ses missions lui ont permis de développer une rigueur professionnelle d’excellence, une posture d’empathie et de compréhension du besoin du client, et de se positionner en force de proposition auprès des équipes, que ce soit pour des PME dans nos régions, ou de grands groupes français sur leurs problématiques d’amélioration opérationnelle. Certifié Lean Six Sigma, Arnaud garde aussi le goût des mots et du partage ouvert des connaissances, et contribue régulièrement au blog d’ISlean consulting. Ses activités associatives lui permettent de se mobiliser sur des actions sociales locales et internationales. Arnaud est diplômé de l’ESSCA. Il a rejoint ISlean consulting en 2011 après un passage chez Ernst & Young.

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