Byod dans les entreprises en France : où en est-on ?

Face à la fois à une augmentation des attentes et usages numériques individuels des salariés et devant accélérer leur transformation digitale, les PME et ETI en France doivent se (re)poser la question de l’utilisation – indemnisée – des outils personnels dans l’entreprise. Levier d’économies, le Byod s’inscrit dans une démarche de modernisation de l’entreprise.

Synthèse de notre étude sur le Byod dans les entreprises en France, auprès de 50 entreprises et de 800 personnes en France. Etude détaillée.

Le Byod reste mal connu des entreprises

Même s’ils sont 27% à penser que les outils de leur entreprise sont plus performants (que leurs outils personnels), les salariés peuvent rarement utiliser leurs propres outils en entreprise. Le Byod reste mal connu en France : « lubie passagère » pour certains ou « sens de l’histoire » ? Les risques évoqués ressemblent souvent à ceux indiqués, il y a quelques années, face au Cloud : sécurité, perte de maîtrise… ou « blocage générationnel » selon certains salariés.

Le Byod illustre le décalage digital des entreprises, en train de se creuser, entre les attentes des individus et les politiques des entreprises : alors que 88% des français consomment sur internet, seules 10% des PME et ETI en France disposent de sites compatibles avec les mobiles… Pour les salariés, les besoins de mobilité vont continuer à creuser l’écart : 72% des salariés sont favorables au travail à distance et 59% aux nouveaux espaces de travail (ex : co-working) et veulent des outils pour travailler depuis n’importe où. Les salariés doutent de la capacité de l’entreprise à se mettre au niveau : 39% pensent que l’informatique de leur entreprise n’est pas (encore) compatible avec leurs propres outils !

Ecarts entre attentes numériques et services digitaux

 

Peu d’entreprises ont franchi le cap du Byod et beaucoup se croient encore à l’abri

Indicateur de la transition digitale des entreprises, la généralisation du Byod concerne 4 à 5% des entreprises interrogées. Pour les téléphones mobiles, le Byod monte à 10% des entreprises. 50% des entreprises interrogées le tolèrent déjà ; 20% des entreprises l’ont tout simplement interdit ! Cette interdiction d’utilisation du poste personnel pour le travail reste théorique comme l’indique l’enquête : dans ces entreprises, seuls 50% des salariés confirment que l’interdiction n’est pas contournée et 56% accèdent à leur boite mail depuis leur ordinateur personnel…

Pour les salariés qui le pratiquent, le Byod est d’abord un gain en liberté et en confort d’utilisation d’un poste ou téléphone qu’ils ont pris la responsabilité de choisir. Pour les entreprises, ce sont des économies en gestion de matériel (choix, installation, pannes, entrées, sorties…). L’entreprise choisit de variabiliser la charge au plus près de ses effectifs.

Le Byod, c’est remettre en cause des habitudes et casser des clichés

Malgré ses avantages, le Byod bouscule les habitudes : comme une sorte d’acquis social, 69% des salariés interrogés estiment que c’est le rôle de leur employeur de fournir leur poste de travail.

Et contre toute attente, 84% des 25-34 ans sont opposés au Byod, ce qui rend les digital natives les plus réticents au Byod de toutes les tranches d’âges interrogées.

Astronaute ancestral et moderne

Vers une politique innovante pour les salariés de certains secteurs ?

Le dirigeant doit donc se reposer la question du Byod, en tant que levier de la transformation digitale de son entreprise : les entreprises de services, et celles avec des salariés mobiles et expérimentés, sont les plus favorables pour faire du Byod un accélérateur de transformation digitale.

Les PME et ETI sauront-elles faire du Byod un de leurs atouts, pour faciliter la mobilité de leurs salariés et accélérer leur transformation digitale ?

 

L’étude détaillée ci-dessous :

Louis-Alexandre Louvet

Depuis 2000 dans le conseil, Louis-Alexandre s'est spécialisé dans les problématiques d'innovation et de lancement de nouvelles offres s'appuyant sur les technologies, notamment au travers de la conception de stratégie et de schéma directeur SI. Il accompagne également le cadrage et le pilotage de grands programmes de transformation faisant levier sur le SI. Il développe les études sur l'impact et la valeur des technologies pour différents secteurs, notamment le secteur immobilier, fédérations professionnelles, associations. Louis Alexandre a accompagné le cours Essec / Centrale Paris / Strate Collège, création d'un produit innovant pendant 2 ans. En tant que citoyen passionné par la transformation des usages, Louis-Alexandre est également membre du bureau de Démocratie Ouverte, association qui conçoit, développe et teste de nouveaux modèles de gouvernance citoyenne. Il a rejoint ISlean consulting en novembre 2012.


Louis-Alexandre Louvet

Depuis 2000 dans le conseil, Louis-Alexandre s'est spécialisé dans les problématiques d'innovation et de lancement de nouvelles offres s'appuyant sur les technologies, notamment au travers de la conception de stratégie et de schéma directeur SI. Il accompagne également le cadrage et le pilotage de grands programmes de transformation faisant levier sur le SI. Il développe les études sur l'impact et la valeur des technologies pour différents secteurs, notamment le secteur immobilier, fédérations professionnelles, associations. Louis Alexandre a accompagné le cours Essec / Centrale Paris / Strate Collège, création d'un produit innovant pendant 2 ans. En tant que citoyen passionné par la transformation des usages, Louis-Alexandre est également membre du bureau de Démocratie Ouverte, association qui conçoit, développe et teste de nouveaux modèles de gouvernance citoyenne. Il a rejoint ISlean consulting en novembre 2012.

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