La révolution industrielle informatique selon Louis Naugès – Partie 1

Louis Naugès écrit sur son blog un article en cinq parties sur ce qu’il nomme la R2I, la révolution industrielle informatique, qui est en train de se dérouler, tout comme s’est déroulée la révolution industrielle automobile. Voici des extraits de la première partie de cet article.

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La R2I pointe le bout de son nez ! Je vous propose donc de détailler, dans une série de cinq textes, les très profondes mutations que cette Révolution Industrielle Informatique (R2I) va induire dans la vie des entreprises. La première partie posera les bases de cette R2I ; les suivantes aborderont ses impacts sur :
• Les infrastructures.
• Les usages, les applications.
• Les métiers de service en Informatique.
• Les directions informatiques des entreprises.

L’aube d’une révolution

Il est difficile de mettre une date sur la naissance de l’informatique ; lorsque l’on visite le remarquable «Computer History Museum» à Mountain View en Californie, on peut y voir fonctionner une reproduction de la machine de Babbage, imaginée au milieu du XIXe siècle, mais dont les deux seuls exemplaires en fonctionnement ont été construits au début de XXIe siècle !

Il est plus facile de dater les débuts de l’informatique d’entreprise ; elle est née il y a un peu plus de 50 ans avec l’arrivée du premier ordinateur de gestion universel, l’IBM 360, ancêtre des mainframes série Z actuels.
Ces 50 années ont permis la croissance très rapide de cette informatique professionnelle, dans ce que l’on peut appeler l’époque «pré-industrielle». Chaque entreprise construisait sur mesure ces centres de calcul, mettait en œuvre des logiciels ou des ERP sur mesure, et proposait à ses collaborateurs un PC «master» construit sur mesure, avec son propre jeu spécifique d’applications.

Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une profonde révolution ; les méthodes et démarches industrielles vont progressivement s’imposer et la dimension «artisanale» de ces informatiques d’entreprise va rapidement laisser la place à des solutions beaucoup plus industrielles.

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Une bonne nouvelle pour les «clients» entreprise

Automobile, transport aérien, énergie électrique…. Chaque fois qu’un secteur d’activité est passé à la dimension industrielle, les clients en ont tiré de très nombreux avantages en termes de coûts, de fiabilité et de choix.

Le musée de l’automobile de Mulhouse contient des merveilles, et en particulier de nombreux exemplaires des premières générations de voitures, toutes fabriquées sur mesure pour répondre aux exigences spécifiques de leurs «riches» propriétaires.

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La première voiture industrielle, la Ford T, (…), était moins élégante, plus rustique, oui… mais elle a permis à des millions de personnes d’acquérir une automobile.

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L’informatique des années 2010 – 2020, en s’industrialisant pour la première fois, ressemblera peut-être, pendant quelques années, un peu plus à une Ford T qu’à une Bugatti, mais c’est le faible prix à payer pour avoir, enfin, une informatique d’entreprise qui fonctionne, fiable, modulaire et économique.

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Une mauvaise nouvelle pour la majorité des fournisseurs

Une bonne nouvelle pour la demande signifie souvent une mauvaise nouvelle pour l’offre ! C’est l’envers de la médaille de l’industrialisation : si les entreprises peuvent obtenir des solutions informatiques plus fiables et moins chères, cela veut probablement dire que les fournisseurs vont… vendre moins.
Fournisseurs de PC, de serveurs, de réseaux, d’ERP, SSII… il n’y a pas une seule famille de fournisseurs informatiques qui ne doive pas se poser la question de son avenir dans un monde de plus en plus industriel.
Rapide retour sur le musée de l’informatique de Mountain View en Californie : c’est aussi un… cimetière d’anciennes gloires de l’industrie informatique qui n’ont pas su s’adapter. Burroughs, Control Data, Commodore, Digital Equipment, Compaq, Data General, Tandy, Wang… la liste est longue de ces «cadavres» informatiques.

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Intégré, intégrateur, intégration… vous oubliez ces «maux»

J’ai un peu hésité pour le titre de ce paragraphe entre «mots» et «maux» mais je suis persuadé que le mot «intégration» est l’un des maux de notre métier, et pourtant, ils sont nombreux ceux qui se définissent comme intégrateurs !
Dans toutes les industries, on utilise des composants standards et interchangeables. Elle est terminée l’époque où tous les éléments d’une voiture étaient spécifiques, fabriqués sur mesure.

Aujourd’hui, je peux rentrer dans un point de vente Norauto ou Euromaster et trouver les pneumatiques de remplacement pour ma voiture en choisissant parmi de nombreuses marques.
Demain, ce sera aussi le cas dans un monde informatique industriel. Si je ne suis pas satisfait d’un composant logiciel ou matériel, je pourrai le remplacer par un autre, venant d’un fournisseur différent.
Le métier d’intégrateur sera progressivement remplacé par celui d’agrégateur, capable de proposer toute une palette de composants interchangeables.

En résumé, cette Révolution Industrielle Informatique, c’est :
• Une excellente nouvelle pour les entreprises dont les responsables informatiques sauront tirer parti de cette révolution.
• Une bonne nouvelle pour les fournisseurs de solutions qui auront été capables d’anticiper cette révolution.
• Une très mauvaise nouvelle pour les fournisseurs de solutions qui ne sauront pas s’adapter ou feront l’autruche devant cette révolution.

Source : http://nauges.typepad.com/my_weblog/2012/09/r2i-la-révolution-industrielle-informatique-première-partie-il-y-a-un-peu-plus-de-deux-ans-javais-publié-un-pre.html


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