Les données numériques à l’épreuve du temps

La fiabilité des supports physiques actuels en matière de fiabilité d’archivage est un des thèmes porteurs en ce début d’année. Les supports tels que les CD-ROM et DVD-ROM ne sont pas éternels, c’est un fait connu depuis longtemps maintenant. Mais les disques durs eux même ne sont pas éternels. Alors comment faire pour archiver de manière fiable ses données ?

Lemonde.fr consacrait cette semaine plusieurs articles à cette thématique.

Morceaux choisis :

Des disques compacts « gravés« … Une telle terminologie, qui laisse croire que les données numériques, stockées sur des disques durs ou des CD, seront disponibles ad vitam aeternam est« trompeuse », selon un comité d’experts qui remet en cause, lundi 29 mars, la pérennité des supports numériques. « Il ne faut pas confondre deux notions très différentes, celle de stockage des données et celle de leur archivage. Les progrès spectaculaires des disques durs et la chute de leur prix permettent maintenant de stocker aisément de l’information ; mais archiver de cette façon sur des décennies ou un siècle pose un tout autre problème, du fait que les supports numériques n’ont qu’une durée de vie de cinq à dix ans environ », souligne un rapport intitulé « Longévité de l’information numérique ».

Pour 2007, le cabinet d’étude IDC évaluait à 281 milliards de gigaoctets, la production mondiale de données numériques annuelle. Dix milliards de disques optiques numériques enregistrables (DONE) ont par ailleurs été vendus en 2009 dans le monde.

Les disques enregistrables, qu’il s’agisse du CD, apparu dans les années 1980, ou le DVD-R, massivement utilisé à partir de 2004, « se dégradent constamment, même s’ils ne sont pas utilisés », prévient le rapport. Pour les chercheurs, les nouveaux formats, tels que les disques Blu-Ray, ne garantiraient pas non plus une meilleure durée de vie.

AMNÉSIE NUMÉRIQUE ?

Les institutions, telles que la BNF, le CNES et l’INA mais aussi des banques, se sont pour leur part lancées dans une « stratégie active » de « migration perpétuelle », c’est-à-dire une recopie fréquente vers un support plus neuf.

Pour prévenir une telle amnésie des contenus numériques, le comité d’experts préconise de multiplier les sauvegardes. Mais si les 25 millions de foyers français devaient recopier périodiquement leurs archives personnelles afin de conserver, durant vingt-cinq à cinquante ans, des données de 100 gigaoctets à 1 teraoctet chacun, cela pourrait représenter un coût annuel de 2 à 20 milliards d’euros, soit 100 à 1 000 euros par an et par foyer, tempèrent-ils.

Pour éviter ce « coût astronomique », auquel s’ajouterait une « consommation énergétique non négligeable », ils ont donc élaboré une série de recommandations pour soutenir des techniques innovantes.

Parmi celles-ci figure le Century Disc, gravé sur verre trempé, inventé en France dans les années 1980. « Sous sa forme actuelle, ce format inclut une couche métallique qui le rend totalement compatible avec les lecteurs ordinaires », précisent les chercheurs. Mais si le support semble plus fiable, il demeure coûteux, de l’ordre de 100 euros l’unité, et ne doit pas être confondu avec certains produits vendus moins chers en ligne. Le rapport évoque également les disques holographiques, « où l’information est écrite en volume », ce qui permet de s’affranchir de « tous les problèmes liés aux pollutions en surface », souligne aussi le rapport.

Quelques témoignages sur les solutions actuelles :

  • Les petites et moyennes entreprises confrontées au problème de stockage des données par Jean-Pierre D.

Dans ma PME, les schémas de nos cartes électroniques sont notre richesse. Pour leur stockage, on passe par un serveur équipé de deux disques durs connectés en RAID 1. Ainsi, s’il y a défaillance d’un disque dur, celui-ci est remplacé par un autre, et les données du disque intact sont recopiées sur le disque neuf. L’archivage à long terme a un coût. Heureusement, lorsqu’un support adapté au long terme sera accessible, le fait que les données existent déja sous forme numérique facilitera la migration vers celui-ci.

  • Sauvegardes dans les grandes entreprises par Wilfried

Je me rappelle très bien que dès les années 1990, la SNCF sauvegardait les plans des voitures corail sur des « disques magnéto optiques », qui étaient eux même retirés de l’ordinateur principal et rangés dans un coffre fort tout les soirs. Peut-être plus pour éviter une destruction en cas d’incendie par exemple, que par crainte du vol. La taille de ces disques ressemblait à des 33 tours. Depuis je ne sais pas ce qui à été fait de ces disques (et de son lecteur) mais l’ensemble des plans ont été transférées sur des disques durs externes le jour où on a vu que certaines entreprises avaient des difficultés pour récupérer leurs données stockées sur les bandes magnétiques… Au bout d’un moment, on se retrouve avec pleins de sauvegardes mais sans l’outil physique pour les lire.

  • Les banques font appel à des prestataires spécialisés par Nicolas G.

Les entreprises et administrations ont généralement une politique de conservation des données sur le « long terme ».  Ces données sont stockées sur des architectures de type Network Attached Storage (NAS : unité de stockage en réseau) ou Storage Area Network (SAN : réseau dédié de stockage). Ces réseaux sont maintenus par des prestataires spécialisés et les données sont effectivement recopiées perpétuellement (sur des disques dur ou des bandes magnétiques).

Un réseau bancaire de ce type, par exemple situé à la Défense, est également résilient à des événements très brutaux, telle une attaque nucléaire, et les données des usagers seront reconstruites en moins de 12 heures. Ici la redondance est spatiale, avec un deuxième centre à Lyon, un troisième à Toulouse, etc.

sources : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/03/30/les-donnees-numeriques-a-l-epreuve-du-temps_1326207_651865.html

http://www.lemonde.fr/technologies/reactions/2010/03/31/le-casse-tete-du-stockage-des-donnees-numeriques-pour-les-professionnels_1326723_651865.html#opened


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