Microsoft prêt à contrer les solutions Cloud bureautique

Face aux solutions bureautiques Cloud, dont Google Apps est le plus sérieux représentant, Microsoft a longtemps considéré que son client lourd Office n’était pas en danger et qu’il n’était pas nécessaire de s’investir massivement dans le Cloud.

Pourtant, Google est parvenu à proposer des solutions matures et commence à gagner des parts de marché. C’est donc récemment que Microsoft a décidé de contre attaquer en proposant sa suite en ligne BPOS.

Voici un article de ZDNet traitant de cette nouvelle stratégie de Microsoft :

Microsoft verserait des primes importantes à ses partenaires pour chaque boîte de messagerie migrée de Google Apps vers son service en ligne BPOS. Une stratégie qui serait peu rentable mais aurait l’avantage de fermer le marché à la concurrence, et en particulier à Google.

« Si nous ne cannibalisons pas nos marchés existants, d’autres le feront ». Ce constat est de Microsoft et figure dans une présentation diffusée lors de sa conférence partenaires – et extraite d’une intervention sur les services en ligne.

"If we don't cannibalize our existing business, others will"

Si la firme de Redmond a traîné des pieds dans ce domaine, c’est notamment par crainte de porter préjudice à son marché traditionnel de vente de licences. Mais Microsoft, bousculé par la concurrence, a finalement accepté de renoncer (partiellement) à son conservatisme.

Microsoft a besoin de s’appuyer sur ses partenaires et de les encourager

Cette inflexion se remarque par l’accentuation de la communication autour de son offre de services en ligne BPOS (Microsoft Business Productivity Online Suite). La plate-forme propose aux entreprises de souscrire à des versions Web de plusieurs logiciels de l’éditeur, dont Exchange, SharePoint et Office Communications.

Après avoir lancé BPOS en 2009 (en mars en France), Microsoft est demeuré relativement discret sur son déploiement, comme par crainte que sa promotion se fasse aux dépens des versions client lourd de ces applications. La concurrence n’a pas partagé elle ses atermoiements, en particulier Google.

En 2010, le discours est plus clair : Microsoft veut miser sur le Cloud. Il prévoit de mettre à jour ses services en ligne pour intégrer les versions 2010 de ses logiciels (Exchange et SharePoint), et ainsi de proposer de nouvelles fonctionnalités. L’offre s’enrichira par ailleurs de Dynamics CRM Online, une version Web de son progiciel de gestion de la relation client.

Mais pour réussir son pari, la firme doit aussi obtenir le soutien de ses partenaires distributeurs, intégrateurs et hébergeurs. Le modèle en ligne peut en effet être perçu comme une concurrence directe de Microsoft à leur encontre. C’est presque naturellement que le Cloud a été le sujet phare lors de la Worldwide Partner Conference de juillet.

Pour convaincre ces entreprises d’adhérer à sa nouvelle stratégie, Microsoft doit avant tout démontrer la profitabilité de ce modèle. Cela passe notamment par des mesures incitatives, dont par exemple un pourcentage sur les abonnements à BPOS vendus.

Selon The Register, l’éditeur est également prêt à dépenser beaucoup pour gagner (ou conserver) des parts de marché, en particulier en soufflant des clients à Google. Un bonus serait ainsi accordé pour chaque boîte Gmail (sous Google Apps) migrée sur Exchange Online. La prime serait comprise entre 5 et 7 dollars.

La bataille se concentre sur la messagerie Exchange

Et si la firme de Redmond se concentre pour le moment sur la messagerie c’est avant tout parce qu’il s’agit de la brique du système d’information la plus simple à externaliser – et celle pour laquelle ses clients abandonnent Exchange pour les Google Apps. Si Exchange Online concurrence les serveurs Exchange installés en dur, c’est peut-être pourtant la seule arme dont dispose Microsoft pour retenir sa clientèle.

Cette solution offre un atout à l’éditeur face aux solutions concurrentes : elle ne perturbe pas les habitudes des utilisateurs. Cet argument a souvent joué en faveur de Microsoft. Entre la version client riche et la version Web, l’expérience utilisateur est pratiquement inchangée, ce qui n’est pas le cas en migrant sur Google Apps. Et Microsoft ne manque pas de faire valoir cet argument.

Ce fut par exemple le cas avec Euromaster. Même si l’entreprise a finalement opté pour Google, elle n’est pas restée insensible à cette question. Si l’éditeur avait bénéficié lors du projet (antérieur au lancement de BPOS) d’une offre, il l’aurait peut-être même emporté. La première force de Google est elle le prix.

Désormais, Microsoft propose un prix approchant, des solutions qui constituent des alternatives à ses clients riches généralement coûteux à administrer et déployer, et tout cela sans perturber l’utilisateur.

Microsoft préserve toujours le client lourd d’Office

Il n’est pas sûr (surtout s’il doit accompagner financièrement ses partenaires, quitte à payer les béquilles) que Microsoft génère avec son modèle Software + Services des revenus supplémentaires. Mais cette stratégie aura au moins pour l’éditeur la vertu de fermer la porte à la concurrence. En outre, la firme américaine ne menace pas pour l’heure ses deux principales ressources : Windows et Office.

En effet, si Office 2010 propose désormais une version Web, celle-ci n’est disponible pour les entreprises qu’à condition de posséder une licence pour le poste de travail. Le client Web n’est gratuit que pour le grand public, mais dans une édition allégée.

Si Microsoft a déjà évoqué la possibilité d’offrir une version d’Office sur BPOS, il a pris soin pour le moment de ne s’engager sur aucune échéance. « Si nous ne cannibalisons pas nos marchés existants, d’autres le feront » : ce constat ne s’applique semble-t-il pas encore à ce marché. Jusqu’à quand ?

source : http://www.zdnet.fr/actualites/microsoft-pret-a-saigner-son-portefeuille-pour-battre-google-sur-les-services-en-ligne-39753590.htm#xtor=EPR-108


One Comment

  1. […] Nous parlions récemment des efforts consentis par Microsoft pour rattraper son retard sur le marché du Cloud Computing. […]

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