Postes de travail, le grand bouleversement – Partie 1

Alors que l’Iphone 5 et l’Ipad 7 pouces devraient être présentés en Septembre, Louis Naugès s’est penché sur l’évolution des postes de travail (processeurs, outils, systèmes d’exploitation etc.) dans un article en cinq parties, dont nous publions la première cette semaine. Il y détaille la situation du marché en 2012.

Souvenez-vous ; dans une époque ancienne, il y a fort longtemps, la majorité des collaborateurs d’une entreprise était équipée d’un poste de travail obèse, aux caractéristiques bien connues :
• Processeur Intel ou AMD.
• Système d’exploitation Windows.
• Suite bureautique intégrée Microsoft Office.
• Applications en mode « Client/Serveur », dont une partie s’exécutait sur le poste de travail.

Les directions informatiques avaient alors inventé le concept de « poste unique universel », plus connu sous le nom de « Master », que l’on mettait à jour à chaque nouvelle version de Windows.
Cette époque est révolue, mais toutes les entreprises n’en sont pas encore conscientes…
Abandon du mythe du poste universel, arrivée de nouvelles solutions, de nouveaux acteurs, mobilité généralisée, marginalisation d’anciens fournisseurs leaders, remise en cause de dogmes vieux de plus de 20 ans, un grand « chambardement » se prépare autour du poste de travail professionnel.
Dans cette série de 5 textes, je vous propose de comprendre quelles seront les options nouvelles et quelles en seront les conséquences du côté de l’offre et de la demande.

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Le modèle général d’analyse

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Cette première partie analyse quelle est la situation du marché, en 2012. Les (…) autres textes seront consacrés aux guerres de mouvement qui ont commencé, à tous les niveaux, car tous les acteurs importants du marché ont compris que le statu quo n’était plus l’avenir de l’informatique pour les postes de travail.

Processeurs

En 2012, la situation est très claire :
— Intel et les compatibles (AMD, Via..) dominent sur les PC de bureaux et portables. La part de marché d’Intel varie selon les années, mais est en moyenne de 80 %.
— L’écosystème ARM, moins connu, a le quasi-monopole du marché des objets mobiles smartphones et tablettes.

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Outils : objets d’accès

Qu’elle était confortable l’époque où le seul choix auquel était confronté un responsable informatique était PC Windows de bureau ou PC Windows portable ! Le Macintosh d’Apple était la seule alternative, mais sa part de marché n’a jamais dépassé 10 %.
En 2012, la situation a beaucoup changé, et (…) la mobilité a gagné !
Fin 2011, 80 % des 800 millions d’objets commercialisés étaient mobiles, le nombre de PC de bureaux (Desktop) étant stabilisé aux environs de 150 millions par an, depuis l’année 2005.
2011, c’est aussi l’année où, pour la première fois, le nombre de smartphones et de tablettes vendus à dépassé celui des PC, fixes et portables.
Ce mouvement va s’amplifier au cours des 5 prochaines années, et les jeux sont faits : que ce soit avec 80 ou 90 % du marché, les objets mobiles ont gagné la bataille.

Systèmes d’Exploitation (OS : Operating Systems)

Sur le front des OS, là aussi la situation est très claire en 2012.
— Pour les PC, Windows reste archi-dominant (…)
Les seuls changements importants concernent les versions de Windows ; Windows 7 s’impose de plus en plus, au détriment de Vista et XP. Mac OS reste loin derrière, avec un petit 10 % du marché et Linux est marginalisé.
— Pour les objets mobiles, smarphones et tablettes, la dynamique du marché est impressionnante (…).
IOS d’Apple et Android de Google (auquel il faut ajouter les 15 % attribués à Samsung) sont largement en tête. Tous les anciens leaders d’avant 2009 ont perdu la bataille, que ce soit Nokia avec Symbian, RIM-Blacberry ou Microsoft avec Windows Mobile et Windows Phone.

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Navigateurs

Souvenez-vous, au début de l’année 2005, Internet Explorer 6 avait encore plus de 90 % de part de marché et de très nombreuses entreprises avaient commis la grave erreur de développer des applications « optimisées IE6 » ; elles n’ont pas fini de payer les conséquences de ce mauvais choix !
Aujourd’hui, 7 ans après, et grâce aux efforts extraordinaires réalisés par la fondation Mozilla avec Firefox, le monopole des navigateurs a disparu.
Sur le marché européen, comme au niveau mondial, les trois leaders, Chrome, Firefox et IE sont dans un mouchoir de poche, avec environ 30 % chacun ; Safari d’Apple et Opera sont loin derrière.

HTML5

Je suis un grand fan d’HTML5, et j’ai déjà évoqué souvent ce sujet sur mon blog

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Pourquoi ? HTML5 est un standard en devenir, qui permet de construire des applications Web/Cloud de très haut niveau, multimédia, utilisables en mode off-line, indépendantes du navigateur et de l’OS du poste de travail.
Pour les développeurs, c’est de loin la meilleure solution pour construire des applications multiplateformes.
Il est réconfortant de constater que des conférences sont entièrement consacrées à ce sujet et que les plus grands acteurs du Web ont tous décidé de pousser ce nouveau standard.

Synthèse : Les applications : à quel niveau les déployer ?

Dans cette analyse, je me concentre sur les dimensions « infrastructures » du poste de travail. Ceci ne doit pas faire oublier qu’un poste de travail n’a de valeur que par les applications auxquelles il donne accès.
Pendant 25 ans, entre 1980 et 2005, c’est la couche OS qui servait de base aux applications, avec le quasi-monopole de Windows/Microsoft sur des PC de bureaux.
Le Web, Internet, le Cloud Computing changent profondément la donne. L’hypothèse majeure que je fais ici est que, pour les utilisateurs de demain, et donc pour les développeurs d’applications, c’est la couche « Navigateur -HTML5 » qui va prendre le pouvoir et sera dominante d’ici 3 à 5 ans.
OS ou Navigateur HTML5 : c’est le choix le plus lourd de conséquences des 3 à 5 prochaines années pour les responsables informatiques concernant la plateforme sur laquelle ils vont déployer les applications proposées aux utilisateurs.
Dans les textes qui vont compléter cette analyse, je vous propose de vous aider à mieux comprendre quelles seront les décisions prises par les grands acteurs de ce marché, Intel, ARM, Microsoft, Apple, Google, Mozilla… pour essayer de rester pertinents ou pour accroitre leur influence.
N’oubliez surtout pas que, dans un marché de plus en plus concurrentiel, de plus en plus ouvert, c’est l’offre qui dicte sa loi.
Ce sont les utilisateurs, les responsables informatiques, les dirigeants qui vont désigner les vainqueurs de demain !

Source : http://nauges.typepad.com/my_weblog/2012/07/quels-fournisseurs-pour-les-postes-de-travail-de-demain-des-guerres-sans-merci-en-perspective-première-partie-s.html


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