Se débarrasser de son ERP grâce à la disruption numérique

Ecrit collaborativement par : Guillaume Ferdmann, Philippe Kalousdian, Arnaud Bouclon, Nicolas Mathieu, Louis-Alexandre Louvet

En matière de gestion informatique, il existe une taille inconfortable pour les entreprises entre 5 et 200 millions d’euros de chiffre d’affaire.
Les tableurs ne sont plus suffisants pour gérer l’activité, mais les solutions spécifiques et les progiciels “Grandes Entreprises” sont hors de portée car trop chers et trop complexes.

Beaucoup d’entreprises se tournent alors vers les ERP.

SI par taille d'entreprise

Les ERP ne tiennent pas leur promesse de “produit sur étagère, complet et efficace”
Pour une PME ou une ETI, la mise en oeuvre d’un ERP “middle market” (Sage, ou Sugar, ou autre) est souvent la piste la plus tentante.

Cependant, les entreprises qui se sont lancées dans cette voie ont rencontré plusieurs difficultés :

  • Les modules destinés aux métiers (CRM, fabrication, approvisionnement, conception, RH) sont en-dessous des solutions spécialisées et des développements spécifiques sont toujours nécessaires.

  • Les politiques de maintenance des éditeurs imposent une migration majeure et coûteuse tous les 4 à 5 ans.

  • Les spécifiques font l’objet d’une maintenance complémentaire, alors que souvent la connaissance n’est pas maintenue chez l’éditeur (ce qui réapparaît alors sous forme de dépassement à la prochaine migration).

  • L’ERP est peu ergonomique, pas du tout intuitif, et nécessite de multiples formations avant que les utilisateurs soient autonomes.

Or, ces 10 dernières années, le contexte a radicalement changé : internet a gagné contre l’informatique d’entreprise.

Internet a mis en place une culture de l’efficacité et de la simplicité d’usage
Internet a aujourd’hui 3 milliards de personnes connectées. Ce public est bien plus exigeant que ne l’est un utilisateur en entreprise. A titre d’exemple, sur internet :

  • Si les pages mettent plus de 2 secondes à charger, c’est un client perdu.

  • Si l’utilisateur ne comprend pas instantanément le fonctionnement d’une nouvelle application ou le contenu d’une page, il ferme l’onglet.

Les solutions qui se sont imposées sur internet ont été soumises à plus rude épreuve et apportent donc plus de confort et d’efficacité aux utilisateurs que les produits traditionnels.

Internet a compensé un manque d’exhaustivité par une ouverture sur le monde
La principale valeur ajoutée d’un ERP est de centraliser les données de l’entreprise pour faire communiquer tous les départements. Cela permettait initialement d’éviter des dépenses réseau très coûteuses à cette époque.

Internet a tiré parti de l’effondrement des coûts réseau pour se focaliser sur la construction d’applications verticales de qualité (centrées sur un usage) tout en prévoyant une ouverture sur le monde via des “API” (sortes de prises standards qui permettent de se “connecter” à d’autres applications).

Aujourd’hui, la maturité des protocoles et cette culture de l’API permettent de construire un service complet de qualité en combinant des briques d’applications web.

Internet a amené des technologies permettant plus d’économies d’échelle
L’informatique traditionnelle s’adresse aux entreprises, donc au plus quelques centaines de milliers de postes de travail. Internet, depuis le début des années 2000, gère des centaines de millions d’utilisateurs. Pour servir une population de cette taille, il a fallu inventer des technologies que l’informatique traditionnelle ne possédait pas. En contrepartie, ces technologies permettent aujourd’hui aux géants d’internet de réaliser des économies d’échelles inaccessibles aux éditeurs traditionnels, d’où un fort écart de prix.

Ces économies d’échelle sont accessibles à tous, même aux plus petites structures
Les entreprises qui n’ont que de petits actifs informatiques, bricolés au fil du temps, se retrouvent en situation paradoxalement privilégiée : elles ne sont pas enchaînées à leur informatique traditionnelle et n’ont pas besoin d’une catastrophe informatique pour chercher des alternatives.

Quid de la sécurité et de la pérennité ?
Pérennité : Internet s’appuie sur des standard partagés par tous les producteurs de contenu et tous les internautes. Ce sont tous les vainqueurs d’une sélection naturelle. En ce sens ils sont bien plus pérennes qu’une solution poussée par une seule institution.

Sécurité : le protocole https (standard d’internet) implémente un niveau de sécurité comparable à celui du VPN ou de citrix sans lourdeur pour l’utilisateur. Il est également simple de renforcer cette sécurité en ajoutant une authentification à 2 facteurs (par exemple : mot de passe + code par SMS).

PME, ETI, saisissez ces opportunités et faites foisonner efficacité et créativité grâce aux outils industriels issus d’internet.

Guillaume Ferdmann

Guillaume Ferdmann est Manager au sein du cabinet ISlean consulting. Il a réalisé sa formation initiale à l'école des Mines de Paris et a rejoint le cabinet en 2011 où il a notamment travaillé sur des sujets d'organisation et de Lean management.


Guillaume Ferdmann

Guillaume Ferdmann est Manager au sein du cabinet ISlean consulting. Il a réalisé sa formation initiale à l'école des Mines de Paris et a rejoint le cabinet en 2011 où il a notamment travaillé sur des sujets d'organisation et de Lean management.

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