Arrêtons de faire mal aux MOOC !

Nouveau buzz word : les MOOC. Une pauvre GED rhabillée avec strass et paillettes ou bien un complément crédible à l’apprentissage dans une salle de classe ?

Il y a un nouveau mot à la mode : le MOOC, Massive Open Online Courses. Vous pouvez aller voir http://goo.gl/ykolBc pour vous en convaincre. Massifs, ouverts, en ligne ! Bigre, quel programme !

J’avais récemment découvert la Khan Academy (https://www.khanacademy.org/), et je m’étais dit : « si c’est bien fait, c’est le genre de truc sur lequel j’aurais passé des heures quand j’étais gamin ». Je ne sais pas vous, mais pour ma part, quand j’ouvrais un dictionnaire illustré ou un atlas, je pouvais passer une heure à sauter d’infographie en infographie, de carte en carte, à plonger dans ce savoureux savoir superficiel comme on en trouvait dans les dictionnaires dans les années 80. C’est comme ça que je suis devenu incollable en produits du raffinage pétrolier, et que j’ai découvert dans mon canapé la dérive des continents en observant les formes de l’Afrique et de l’Amérique du sud.
Donc le MOOC serait un énième avatar de l’impact des technologies numériques sur le savoir et l’apprentissage. Comme d’habitude, les premières tentatives ne font que transposer les pratiques du passé sur de nouveaux supports, sans repenser les processus à l’aune des nouvelles technologies. Par exemple, le degré zéro du MOOC est une video de cours in extenso, prise en caméra statique et sans chapitrage. Il faut vraiment que ce soit passionnant ou être hyper accroché pour aller jusqu’au bout.Là, on peut dire qu’on fait mal aux MOOC !
Et puis il y a des choses qui évoluent et qui repensent la manière d’enseigner et d’apprendre en reconstruisant les processus, non pas en repartant de ce qui faisait hier, où l’ouvrage porte partout la trace de l’ancien outil qui avait servi à le façonner, mais en repartant de zéro avec les nouveaux outils entre les mains.
Et on voit apparaître des choses comme la Khan Academy : des vidéos courtes, vivantes, filmées avec des profs rompus à l’exercice, avec des cursus personnalisés, des aspects ludiques, des points, des badges, et surtout, surtout, des certifications voire des diplômes !
D’autres évolutions existent aussi, encore plus intelligentes. Elles réunissent plusieurs choses autour des documents : l’auteur bien sûr, les lecteurs, évidemment, mais aussi des commentateurs, des experts, des débats, des liens.
Et, d’une pauvre GED flanquée d’un moteur de recherche anémique, on en arrive à un réseau social tourné autour du savoir et de l’expertise, où chacun peut s’il le souhaite, produire, contribuer à élaborer ou améliorer des cours. « Liker », signaler des contenus faux ou inappropriés. En quelque sorte, le MOOC 2.0.
Là je trouve qu’on commence à toucher une nouvelle dimension, et d’un pâle succédané de salle de classe, le MOOC peut devenir un moyen performant d’apprentissage, une plateforme collaborative de savoir, une sorte de wikipedia avec de la vie en plus à chaque paragraphe et un prof. ou l’auteur ou des experts à portée de click.
Vive les MOOC !

Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008.Il intervient en innovation numérique, maîtrise des coûts informatiques, audit des organisations, des achats et d'outsourcing.Il a débuté comme ingénieur à SGN/Areva, en procédés de vitrification.Il rejoint Bossard en 2000 où il devient consultant en systèmes d’information.Philippe est diplômé de MINES ParisTech, chargé de cours au Mastère MSIT Mines-HEC, fait partie du conseil d'administration de MINES ParisTech Alumni, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21.Il connecte ainsi des univers aussi divers qu'inattendus, ce qui crée de la valeur par sérendipité.Depuis 2014, il accompagne des Start-ups dans leur phase de démarrage, et il est CEO de l'une d'elle, OKAYBUS, depuis 2016.


Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008.Il intervient en innovation numérique, maîtrise des coûts informatiques, audit des organisations, des achats et d'outsourcing.Il a débuté comme ingénieur à SGN/Areva, en procédés de vitrification.Il rejoint Bossard en 2000 où il devient consultant en systèmes d’information.Philippe est diplômé de MINES ParisTech, chargé de cours au Mastère MSIT Mines-HEC, fait partie du conseil d'administration de MINES ParisTech Alumni, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21.Il connecte ainsi des univers aussi divers qu'inattendus, ce qui crée de la valeur par sérendipité.Depuis 2014, il accompagne des Start-ups dans leur phase de démarrage, et il est CEO de l'une d'elle, OKAYBUS, depuis 2016.

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