Démocratie à l’échelle un, toute une culture politique à changer

Quand la richesse de la multitude, base de l’internet 2.0, sera-t-elle enfin mise à profit pour organiser la vie en collectivité ?
Je trouve cet article, « Application Direct Citoyen : l’UMP saura-t-elle réussir le délicat pari du participatif ? », très intéressant. Notamment cet extrait :
La principale illusion à laquelle ils s’exposent c’est de croire qu’ils parviennent, par ces nouveaux modes de communication et d’expression, à entrer en contact avec des populations jusqu’alors non sensibles et non réceptives à leur message. Comme si l’utilisation de nouveaux canaux, de nouveaux réseaux, permettaient une réception nouvelle. Le changement de contenant (le vecteur ou le support) induirait un message nouveau, un contenu plus à même d’atteindre une « clientèle » nouvelle. En fait c’est sans doute un vœu pieux. Il est sans doute trop tôt pour préjuger du résultat mais selon toute vraisemblance ce sont les plus politisés et les plus motivés des sympathisants qui « vont engager le dialogue » avec les dirigeants du parti. En d’autres termes : « on prend les mêmes et on recommence »…  Conclusion (partielle pour l’instant) : « aucun accroissement de l’audience de l’UMP, juste un changement de forme de communication interne ».
Si je résume la conclusion, les expérimentations précédentes (Désir d’avenir en 2006 avec Ségolène Royale, CooPol en 2010 par Martine Aubry, Créateurs du possible en 2010 par l’UMP ; je n’étais pas allé voir ces tentatives à l’époque car elles étaient indigentes en matière d’exécution et d’innovation numérique) ont échoué, donc la consultation démocratique est un leurre. Vivent pour toujours  (?) les échantillons de personnes élues, que ce soient des syndicats, des conseils municipaux, l’Assemblée Nationale…
Les auteurs ont raison, s’ils pensent que consulter les Citoyens consiste à faire comme avant en utilisant juste de nouveaux canaux comme le web ou les smartphones : être flous sur les problèmes, parfois ne rien en dire, diffuser des données tronquées, erronées, voire juste celles qui arrangent les décideurs en place, proposer des solutions éculées, coûteuses, qui ne règlent pas tout, voire repoussent les problèmes à plus tard. J’en passe.
L’apport du numérique ne fera rien à l’affaire. C’est comme quand on cuisine de mauvais aliments : passer de la casserole au Thermomix n’améliore pas le résultat, et ce n’est pas pour autant qu’il faut en conclure que le Thermomix est un mauvais produit. « Quand le sage montre les étoiles, l’imbécile regarde le doigt ».
L’enjeu est bien de repenser la participation des citoyens, TOUS les citoyens qui le veulent, n’importe où, n’importe quand, et sur n’importe quel appareil connecté à internet. Repenser leur participation à la vie en collectivité, ce qui commence par sa copropriété et finit aux élections nationales et européennes. Il faut bien revoir les besoins, exprimés ou pas, car subconscients : et si en fait vous souhaitiez pouvoir vous exprimer sur la manière de gérer la voirie de votre ville le soir à 23h25 ? Ou si vous souhaitiez consulter toutes les décisions du conseil municipal ? Ou participer aux débats préparatoires, parce que chaque semaine vous recevez l’ordre du jour ?
Jusque là, consulter les Citoyens se bornait souvent à transposer un outil historique du web, un forum, désordonné, anonyme, où les polémiques enflent et finissent en insultes, dont les débats ne seront pas lus par les responsables ou dirigeants de partis.
Il y a eu aussi l’excellent outil de vote électronique, où il faut se déplacer en bureau de vote pour voter sur une borne électronique (!). Quel progrès ! Alors qu’en Suisse, on peut voter depuis internet, et ce depuis 2009 !
Pourquoi tant de rejet en France : parce qu’on est incapable d’être honnête, qu’on pense que les foules sont stupides, et qu’on n’a pas envie de faire ce que les Citoyens veulent ; en tant qu’élu, il est quand même bien plus simple de gérer sa mairie tranquillement avec sa majorité, que de faire appel aux Citoyens et risquer de se retrouver en minorité.
On verra ce que l’UMP fera de ces outils, mais effectivement, si cela se transforme en bouillie inextricable, d’où il est impossible de sortir un résultat, ou bien s’il devient clair que la consultation est de pure façade pour appuyer la volonté des chefs, cela capotera une fois de plus. Et inévitablement, jettera le discrédit sur l’introduction du numérique dans la gestion collective.
Il faut donc une rencontre entre :
– un outil et un processus (Cap Collectif ? Dont voici un exemple de mise en oeuvre : Copropriété des Villas Robinson) qui permettent de faire remonter des positions moyennes ET de tenir compte des signaux faibles pour ne pas écraser, comme d’habitude, les minorités au profit de la moyenne
– un parti convaincu que la démocratie à l’échelle 1, devenue possible grâce à internet, puisse fonctionner et s’en serve avec probité et transparence
Qu’en pensez-vous ?
Autres exemples de « crowdsourcing » :
Hypermind, de Emile Servan-Schreiber et Mathieu Laine

Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008.Il intervient en innovation numérique, maîtrise des coûts informatiques, audit des organisations, des achats et d'outsourcing.Il a débuté comme ingénieur à SGN/Areva, en procédés de vitrification.Il rejoint Bossard en 2000 où il devient consultant en systèmes d’information.Philippe est diplômé de MINES ParisTech, chargé de cours au Mastère MSIT Mines-HEC, fait partie du conseil d'administration de MINES ParisTech Alumni, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21.Il connecte ainsi des univers aussi divers qu'inattendus, ce qui crée de la valeur par sérendipité.Depuis 2014, il accompagne des Start-ups dans leur phase de démarrage, et il est CEO de l'une d'elle, OKAYBUS, depuis 2016.


Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008.Il intervient en innovation numérique, maîtrise des coûts informatiques, audit des organisations, des achats et d'outsourcing.Il a débuté comme ingénieur à SGN/Areva, en procédés de vitrification.Il rejoint Bossard en 2000 où il devient consultant en systèmes d’information.Philippe est diplômé de MINES ParisTech, chargé de cours au Mastère MSIT Mines-HEC, fait partie du conseil d'administration de MINES ParisTech Alumni, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21.Il connecte ainsi des univers aussi divers qu'inattendus, ce qui crée de la valeur par sérendipité.Depuis 2014, il accompagne des Start-ups dans leur phase de démarrage, et il est CEO de l'une d'elle, OKAYBUS, depuis 2016.

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