Gérer un projet digital – notre MOOC

Dans le cadre de nos explorations numériques, nous avons eu la chance d’intervenir dans le cadre du MOOC transformation digitale de la formation pour tous.

Source : la formation pour tous, http://www.laformationpourtous.com/

Synthèse de l’intervention de Louis-Alexandre Louvet.

#Projet digital et projet classique 

Un projet digital reste un projet, c’est-à-dire un investissement fait dans la transformation de l’entreprise. Ce qui distingue le projet digital, c’est d’abord sa transversalité et la vitesse d’exécution du projet, voire de propagation de ses résultats.

#Projet digital : éléments clés pour le projet

D’abord deux personnes : un chef d’entreprise – dirigeant – engagé dans cette transformation et un chef de projet « indigné », compétent et disponible. Ensuite, des objectifs business et enfin une méthode agile pour réussir à produire les résultats au plus près des attentes de tous les acteurs en cycle court.

#Projet digital : engagement du dirigeant

Sans l’intime conviction du dirigeant, sans son impulsion face au projet digital, l’entreprise reste dans sa routine opérationnelle. Si le patron doute, les barbares – c’est-à-dire de nouveaux entrants issus d’autres secteurs – peuvent le convaincre, dans la douleur. Trop tard ? Pour démarrer plus rapidement et de manière moins radicale, le patron peut d’abord être convaincu par des expérimentations.

#Projet digital : le chef de projet

Le chef de projet digital doit viscéralement être « indigné » par le statu quo ante ! Il doit tellement aimer son entreprise qu’il ne peut plus tolérer les « silent killers » de la bureaucratie. Au-delà de cet état d’esprit, il doit développer une vision d’ensemble – tout est connecté avec le digital – pour anticiper les impacts et associer les bons porteurs au sein de l’organisation. Ensuite, avoir des compétences de promoteur du changement et de diplomate dans ses interactions. En termes de profil, il peut être issu des métiers ou de la technologie, avec à chaque fois autant d’avantages que d’inconvénients. Il doit porter toutefois une vision business de son projet – et pas uniquement produit ou solution informatique. Enfin, il doit avoir le temps de porter le projet, car l’« indigné » se relèvera la nuit pour faire avancer les choses, mais s’il a aussi ses journées pour le faire, ce sera mieux ! Selon ses forces (métier / technologie…), il peut être accompagné par le profil complémentaire, interne ou externe, qui partage avec lui l’envie de faire bouger les choses.

#Projet digital : objectif de transformation globale ?

La transformation globale peut se décréter, comme l’Etat fait sa réforme de fond en comble depuis des années. Cela ravira surement les marchés financiers dans le cas des entreprises privées, mais a plus d’effets négatifs que positifs. Pour éviter le projet cathédrale – illisible et ingérable -, nous recommandons d’agir par itérations, expérimentations et développements successifs. Au fur et à mesure de ces expériences, les équipes seront toutes associées aux résultats et à l’apprentissage qui va avec. Elles auront donc moins peur de se lancer à leur tour. Les PME ont par exemple un boulevard devant elles pour développer la vente en ligne. Une fois que l’on a démontré que le digital servait à faire augmenter le CA, cela intéresse plus de monde !

#Projet digital : méthode Agile

La méthode Agile (cf. article lié) permet de coller le projet digital au plus près des attentes des utilisateurs. Les itérations courtes montrent à la fois aux équipes et aux clients les améliorations apportées. Quand un cahier des charges est livré un an après le démarrage du projet, et que vous commencez seulement alors à faire de la réalisation informatique, vous savez que le produit livré est déjà obsolète. Et qu’il le sera encore plus quand il sera fini.

#Projet digital : un projet business

Prenons une comparaison. Une entreprise fait-elle encore des projets électriques – en dehors des professionnels du secteur !- ? Non, car la circulation de l’énergie fait partie des composantes business indispensables. Pour le digital – et donc tout projet digital -, c’est dorénavant pareil. Une PME amie, devenue leader européen sur son marché – réalise tous ses projets d’export avec du digital depuis 10 ans : d’abord, l’entreprise traduit son site web ; puis elle achète des mots clés sur les moteurs de recherche ; enfin elle recrute au SAV une personne, en France, qui parle la langue du nouveau pays. Si cela fonctionne, alors, notre PME amie cherche un partenaire local (pour accélérer son développement commercial, avoir un stock local…). Si le pays ne fonctionne pas, notre PME amie arrête les efforts. Dans ce cas – rare – elle a investi à un niveau de risque très raisonnable. Notre PME amie ne parle pas de projet digital. Elle utilise simplement le digital pour faire des projets business !

#Projet digital : points clés pour le dirigeant

En mode poil à gratter : si c’est un gadget, alors stop !

Le dirigeant doit prendre une posture d’investisseur de start-up face à son chef de projet : des objectifs business, un suivi de ces objectifs business. Les moyens (budget investi) sont entièrement sous la responsabilité du chef de projet. Le dirigeant doit également donner sa vision et faire preuve de pédagogie par rapport à l’entreprise.

Louis-Alexandre Louvet

Depuis 2000 dans le conseil, Louis-Alexandre s'est spécialisé dans les problématiques d'innovation et de lancement de nouvelles offres s'appuyant sur les technologies, notamment au travers de la conception de stratégie et de schéma directeur SI. Il accompagne également le cadrage et le pilotage de grands programmes de transformation faisant levier sur le SI. Il développe les études sur l'impact et la valeur des technologies pour différents secteurs, notamment le secteur immobilier, fédérations professionnelles, associations. Louis Alexandre a accompagné le cours Essec / Centrale Paris / Strate Collège, création d'un produit innovant pendant 2 ans. En tant que citoyen passionné par la transformation des usages, Louis-Alexandre est également membre du bureau de Démocratie Ouverte, association qui conçoit, développe et teste de nouveaux modèles de gouvernance citoyenne. Il a rejoint ISlean consulting en novembre 2012.


Louis-Alexandre Louvet

Depuis 2000 dans le conseil, Louis-Alexandre s'est spécialisé dans les problématiques d'innovation et de lancement de nouvelles offres s'appuyant sur les technologies, notamment au travers de la conception de stratégie et de schéma directeur SI. Il accompagne également le cadrage et le pilotage de grands programmes de transformation faisant levier sur le SI. Il développe les études sur l'impact et la valeur des technologies pour différents secteurs, notamment le secteur immobilier, fédérations professionnelles, associations. Louis Alexandre a accompagné le cours Essec / Centrale Paris / Strate Collège, création d'un produit innovant pendant 2 ans. En tant que citoyen passionné par la transformation des usages, Louis-Alexandre est également membre du bureau de Démocratie Ouverte, association qui conçoit, développe et teste de nouveaux modèles de gouvernance citoyenne. Il a rejoint ISlean consulting en novembre 2012.

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