Google Android : utilisations militaires

On connaît le nombre incroyable d’applications téléchargeables sur les Smartphones du moment : localisation de restaurants, réseaux sociaux, annuaires, traducteurs, jeux, etc.

La seule limite semble être l’imagination des développeurs qui souhaitent mettre à disposition leur travail (qu’il soit gratuit ou payant) sur les plateformes de téléchargement.

Il est pourtant un domaine d’utilisation qui ne semblait évident à personne : l’utilisation de ces smartphones pour des applications militaires. Voici un article de Didier Durand, traitant de ce sujet sur son blog ZDNet :

Le choix de la licence très permissive Apache 2.0 de Google Android était intentionnel : il s’agissait de permettre l’utilisation la plus large possible du système sans imposer aucune réelle contrainte à ceux qui l’adoptent. Ils peuvent en particulier le rendre propriétaire: les modifications apportées ne doivent pas nécessairement être retournées à la communauté comme l’impose les licenses « virales » de type GPL.

L’objectif : servir au mieux la stratégie « d’hégémonie lente » de Google afin d’avoir l’adoption la plus large sur le marché.

On a donc eu le portage sur Netbook, puis PC (relativement prévisible), puis le micro-onde et la machine à laver avant d’atteindre la télévision et l’automobile.

On passe aujourd’hui à un domaine qui n’était sûrement pas dans les plans.

Raython, le constructeur militaire américain, annonce qu’il teste aujourd’hui des applications et des matériels Android pour équiper le soldat sur le champ de bataille afin :

  • de lui permettre d’accéder en live aux images satellites du système anti.missiles Patriot afin de localiser au mieux ses ennemis. Il s’agirait d’aller jusqu’à reconnaître des visages ou lire des plaques d’immatriculation dans des guérillas urbaines
  • d’annoncer la détection d’enemis et leur localisation sur le théâtre d’opération – une sorte de Google Latitude mais à but plutôt anti-social…

L’accès intégral au code source et la licence choisie par Google sont clairement les catalyseurs de ces applications : le constructeur économise des dizaines de millions de dollars sur le développement logiciel mais ne prend aucun risque de pérennité puisqu’il est intégralement copropriétaire du patrimoine de programmes utilisés. Un des bonheurs de l’Open Source…

Cette situation est par ailleurs un nouvel exemple d’une tendance qui se matérialise de plus en plus ces dernières années : une inversion des flux de l’innovation. Avant, c’était le militaire qui innovait en premier grâce à ses abondants crédits, le monde industriel reprenait ses produits ensuite pour ses propres usages avant de les mettre dans le monde des consommateurs. Maintenant, il semble que cette tendance s’inverse de plus en plus souvent : regardez donc le nombre de technologies et services utilisés par les entreprise ayant émergées dans le monde des consommateurs !

source : http://www.zdnet.fr/blogs/media-tech/google-android-utilisations-militaires-39753391.htm


One Comment

  1. Philippe Kalousdian
    Philippe Kalousdian 02|08|2010 at 10:30 - Reply

    Cette info est capitale en ce qu'elle montre que les militaires, habituellement à la pointe de l'innovation et de la technologie, de par la hauteur des enjeux traités et les moyens associés, considèrent que d'autres secteurs sont en avance, ou tout le moins que pour certaines applications, ce que font certaines sociétés non militaires est digne d'intérêt et d'utilisation.
    Je connais assez peu l'industrie de la défense, mais je ne me souviens pas avoir vu d'autres exemples d'adoption de technologie civile pour des applications militaires.

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