La musique numérique : le cannibale de l’industrie

Pendant les années 2000 les maisons de disques se sont fortement battues contre la commercialisation digitale (légale ou non) des titres afin d’empêcher la chute des revenus dont la source principale était la vente de disques physiques. Cependant, en ce début de 21e siècle, des études ont démontré que la commercialisation digitale, en particulier les services de streaming, permet de surpasser les pertes des ventes physiques.

Comme pour tout bien digital, on ne peut pas savoir si on aime un morceau de musique avant de l’avoir écouté. Cet achat se fait donc « en aveugle ». En 1999, une solution à ce problème apparaît sous la forme du P2P avec des sites comme Napster. Les consommateurs peuvent ainsi faire des achats informés, c’est à dire qu’ils ont désormais la possibilité d’acheter les CD en sachant que leur contenu va leur plaire.  Mais voila, avec ce partage (illégal) vient également la chute continue des ventes physiques de musique :

Liebowitz, Stan J. « Economists examine file-sharing and music sales. » Industrial Organization and Digital Economy. MIT Press, Cambridge (2006).

Peitz & Waelbruck (2005) démontrent dans leur étude « Why the music industry may gain from free downloading – The role of sampling » que le fait d’avoir gratuitement accès aux morceaux permet aux consommateurs de mieux acheter et ils sont même prêts à payer plus cher que lorsqu’ils achètent « en aveugle », contrairement à ce qu’on pourrait croire à priori. En effet, les consommateurs étant sûrs de leur achat, ils sont prêts à investir d’avantage pour une meilleure qualité. Leur étude démontre également que ces achats ne se traduisent pas en ventes physiques mais plutôt en ventes numériques, d’où la chute constatée au long des années 2000… mais aussi l’apparition des plateformes de streaming et téléchargement de musique, légales et 100% digitales.

Ce lien entre mise à disposition de musique et vente effective (qu’elle soit physique ou numérique) est rétablie par Aguiar & Martens (2016)  qui démontrent dans leur étude « Digital music consumption on the internet: Evidence from clickstream data » l’effet positif de la diffusion digitale des morceaux sur la commercialisation, notamment via les services de streaming. D’après le Syndicat National de l’édition Phonographique (SNEP), les ventes numériques de musiques sont passées en 20 ans de 0 à 9,4 milliards de dollars.

« L’Economie de la Production Musicale – Edition 2018 », SNEP (2018)

Le numérique représente aujourd’hui plus de 50% des ventes mondiales de musique. Elles on permis de redresser le cap de l’industrie qui enregistre en 2017 sa 3e année consécutive de croissance, malgré la chute des ventes physiques. « L’Economie de la Production Musicale – Edition 2018 », SNEP (2018)

Le streaming et la commercialisation digitale représentent ainsi des alliés non seulement pour l’industrie musicale dont la croissance a repris, mais aussi pour les consommateurs qui ont accès plus facilement à un répertoire musical plus grand (où même des artistes locaux peuvent diffuser mondialement).

Andres Villarreal

Andres est Consultant Junior au sein d'ISlean consulting. Il est économiste et titulaire d'un Master en Economie des Marchés et des Organisations de l'Ecole d'Economie de Toulouse. Il s'intéresse à la transformation digitale notamment dans l'énergie, les transports et l'éducation.


Andres Villarreal

Andres est Consultant Junior au sein d'ISlean consulting. Il est économiste et titulaire d'un Master en Economie des Marchés et des Organisations de l'Ecole d'Economie de Toulouse. Il s'intéresse à la transformation digitale notamment dans l'énergie, les transports et l'éducation.

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